Cholestérol LDL : pourquoi la Corée du Sud fait mieux que l’Europe

Image d'illustration. Prise sang prelevementADN
Une analyse de 460 millions de tests lipidiques dans 17 pays place la Corée du Sud en tête pour le LDL. L’écart entre pays raconte bien plus qu’un simple classement.
En bref
- Corée du Sud en tête pour le LDL bas
- Autriche et Allemagne ferment la marche
- Alimentation, médicaments et génétique comptent
460 millions de tests lipidiques, répartis sur 17 pays et cinq continents, ça commence à faire une photographie sérieuse. Publiée en 2023 dans l’European Heart Journal, cette analyse montre surtout une chose, les écarts de cholestérol LDL, le « mauvais » cholestérol, ne tombent pas du ciel.
Un classement mondial qui ne va pas forcément là où on l’attend
C’est la Corée du Sud qui affiche les niveaux de LDL les plus bas parmi les pays étudiés. Derrière, on retrouve la Turquie et, plus étonnant pour beaucoup, les États-Unis, malgré leur image de patrie du fast-food.
À l’autre bout du tableau, l’Autriche et l’Allemagne présentent les niveaux les plus élevés. Juste en dessous arrivent le Japon, l’Australie et la Suisse. Le contraste est net, et il rappelle qu’un pays riche ou développé n’est pas automatiquement mieux placé sur ce terrain.
L’assiette compte, mais elle n’explique pas tout
Pour la Corée du Sud, les chercheurs avancent une piste assez solide, une alimentation riche en aliments fermentés et en légumineuses, avec peu de graisses saturées. Or ces graisses sont associées, dans les études, à une baisse possible du cholestérol total quand leur consommation recule.
Dans les pays où le cholestérol est plus élevé, la consommation de graisses animales et de produits laitiers pèse probablement dans la balance. Mais pas seulement. La génétique aussi.
Exemple parlant, en Autriche, environ une personne sur 300 vit avec une hypercholestérolémie familiale. C’est une maladie héréditaire qui augmente fortement le risque d’avoir un LDL élevé. Bref, l’assiette compte beaucoup, mais elle n’explique pas toute l’histoire.
Ce que les chercheurs voient quand ils remontent le temps
Une autre étude, publiée en 2020, a suivi l’évolution des niveaux de cholestérol entre 1980 et 2018. Là encore, le tableau bouge pas mal.
Dans beaucoup de pays occidentaux à revenu élevé, les taux ont nettement baissé, en lien avec une meilleure alimentation et l’usage de statines ou d’autres traitements hypocholestérolémiants. À l’inverse, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, les niveaux ont augmenté, surtout en Asie. Le cas de la Chine est parlant, très basse en 1980, elle figure parmi les plus fortes hausses en 2018.
Un écart presque partout entre hommes et femmes
Dernier point, observé à l’échelle mondiale, les hommes ont en général un cholestérol plus élevé que les femmes dans presque tous les pays. Ce n’est pas un détail. Pour vous, ce genre de données ne sert pas à établir un diagnostic, mais à comprendre pourquoi le risque cardiovasculaire dépend aussi du contexte collectif, pas seulement des choix individuels.
