Un contraceptif masculin réversible stoppe la production de spermatozoïdes chez la souris

Tiroir ouvert avec contraceptifs hormonaux organisés
Image d'illustration. Différents contraceptifs hormonaux. — ADN

Des chercheurs ont mis au point un contraceptif masculin réversible qui a stoppé la production de spermatozoïdes chez des souris. Ce nouveau traitement pourrait ouvrir la voie à des alternatives temporaires et non hormonales pour le contrôle des naissances.

Tl;dr

  • Nouveau contraceptif masculin non hormonal testé avec succès chez la souris.
  • Action réversible sur la spermatogenèse, sans effet secondaire notable.
  • Des essais cliniques humains sont attendus d’ici à 2026.

Vers une révolution de la contraception masculine

Depuis les années 1980, aucun nouveau contraceptif masculin n’a été validé aux États-Unis. Pourtant, l’attente pourrait toucher à sa fin. En effet, alors que les seules options restent le préservatif ou la vasectomie, des recherches novatrices menées à la Cornell University suscitent de réels espoirs pour les années à venir.

Miser sur la spermatogenèse : une approche ciblée

Le cœur de cette innovation repose sur l’inhibition de la production de spermatozoïdes directement dans les testicules, sans toucher aux hormones et donc sans altérer des caractéristiques masculines telles que la pilosité ou la voix. À ce propos, la généticienne Paula Cohen, du Cornell Reproductive Sciences Center, confie : « Nous étions vraiment motivés pour explorer des cibles non hormonales dans les testicules, afin d’éviter tout impact sur la libido ou les caractères sexuels secondaires. »

Les chercheurs ont misé sur un processus clé : la méiose. C’est durant cette étape que les cellules souches deviennent des spermatozoïdes matures. Agir temporairement à ce moment précis permettrait un contrôle de la fertilité aussi précis que réversible.

Des résultats probants… chez l’animal pour l’instant

Testée chez le mâle murin, une molécule appelée JQ1, initialement conçue contre certains cancers, s’est révélée capable de bloquer efficacement cette fameuse méiose. Résultat : plus de spermatozoïdes produits durant le traitement. Mais surtout, après six semaines d’arrêt des injections, le processus naturel reprenait son cours – deux générations de souris sont nées sans anomalie observable.

Pour clarifier l’étendue des possibilités offertes par ces recherches, voici ce que souligne l’équipe :

  • Efficacité prouvée : arrêt total et réversible de la production spermatique.
  • Sécurité vérifiée : aucune malformation chez les descendants observés.
  • Perspectives humaines : nécessité d’évaluations supplémentaires avant essais cliniques.

Bientôt un essai clinique ?

Si cette avancée demeure expérimentale chez l’animal, elle pose les bases d’une nouvelle génération de contraceptifs masculins. À titre d’exemple, le composé YCT-529 — qui agit un peu plus tôt dans le cycle cellulaire — a déjà franchi le cap des essais cliniques en phase 2 et pourrait arriver sur le marché prochainement.

À terme, ces travaux pourraient répondre à une demande croissante d’alternatives réversibles et non hormonales, longtemps considérées comme un « besoin critique non satisfait pour parvenir à l’équité reproductive ». Si tout se déroule comme prévu, une nouvelle page pourrait bien s’ouvrir dès 2026 pour la contraception au masculin.