Les femmes harcelées ou sous ordonnance restrictive sont plus exposées aux maladies cardiaques

Gros plan d une femme assise
Image d'illustration. Femme en souffrance, douleurs. — ADN

Une étude menée par Harvard révèle que les femmes exposées à des comportements de harcèlement ou bénéficiaires d’ordonnances restrictives présentent un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires, soulignant l’impact du stress sur la santé cardiaque féminine.

Tl;dr

  • Le harcèlement par traque augmente de 41 % le risque cardiaque.
  • Le stress chronique du harcèlement nuit durablement à la santé.
  • Reconnaître le stalking comme enjeu de santé publique est essentiel.

Stalking : une menace silencieuse pour la santé cardiovasculaire des femmes

Longtemps relégué au rang de simple désagrément, le stalking – ou harcèlement obsessionnel – s’impose désormais comme un enjeu majeur de santé publique. Une étude publiée dans la revue Circulation et menée par des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health alerte sur les conséquences insoupçonnées de ce phénomène : pour les femmes victimes, le risque de développer une maladie cardiaque grimpe en flèche, jusqu’à doubler lorsque l’exposition au danger se cumule.

Stress chronique : le vrai coupable

Au fil des années, plus de 66 000 participantes ont été suivies afin d’évaluer l’impact du harcèlement sur leur santé. Les résultats sont sans appel :

  • Être traquée fait bondir le risque cardiovasculaire de 41 %.
  • L’obtention d’une ordonnance restrictive s’accompagne d’un risque accru de 70 %.
  • Les femmes ayant vécu les deux situations voient leur vulnérabilité doublée.

Derrière ces chiffres, le mécanisme reste tristement logique. Comme l’explique la directrice du centre Sarah Ross Soter pour la recherche cardiovasculaire féminine à la NYU Grossman School of Medicine, « le stress vécu face au danger ne disparaît pas simplement une fois la menace écartée ; il s’enracine et peut hanter durablement les victimes ». Ce stress répété active en continu la réponse « fight or flight », altère la fonction cardiaque, élève la pression artérielle et favorise des lésions vasculaires persistantes.

L’importance cruciale du soutien social

Pour limiter cette spirale délétère, l’entourage joue un rôle déterminant. Un accompagnement solide – qu’il soit familial, amical ou professionnel – aide à désamorcer l’impact psychologique du traumatisme et pourrait atténuer les séquelles corporelles. Face à ces constats, certains spécialistes recommandent aux professionnels de santé d’intégrer systématiquement le dépistage du stalking lors de l’évaluation des risques cardiaques chez leurs patientes.

Dépister tôt pour protéger durablement

Finalement, considérer le stalking comme un simple fait divers reviendrait à ignorer son empreinte sur la santé physique. La prise en charge précoce, qu’elle soit médicale, sociale ou juridique, devient alors essentielle pour réduire les effets à long terme. Car ce que révèle cette étude dépasse largement la sphère personnelle : il s’agit d’un véritable défi collectif pour préserver l’équilibre mental et physique des femmes exposées à cette violence insidieuse.