Financé à hauteur de 999.100 euros, AtheroPTM va explorer des mécanismes encore mal compris de l’athérosclérose pour ouvrir la voie à des traitements plus ciblés.
En bref
- L’athérosclérose reste mal contrôlée
- AtheroPTM reçoit 999 100 euros
- Objectif, de nouvelles cibles thérapeutiques
Même avec les meilleurs soins actuels, des infarctus et des AVC surviennent encore. C’est tout le problème de l’athérosclérose, cette maladie liée à l’accumulation de dépôts de graisse et de cholestérol dans les artères, qui reste la première cause de ces accidents cardiovasculaires et, plus largement, de décès dans le monde.
Les traitements disponibles freinent la progression de la maladie. Ils ne la stoppent pas, et ne la font pas régresser non plus. Résultat, comprendre plus finement ce qui alimente la maladie reste un enjeu très concret, pas seulement de laboratoire.
Une maladie qui continue de frapper malgré les traitements
Ce constat explique l’intérêt pour des mécanismes encore peu exploités. Aujourd’hui, les approches thérapeutiques ciblent surtout la baisse du cholestérol ou l’inflammation à l’échelle de tout l’organisme. C’est utile, clairement, mais cela ne suffit pas à empêcher tous les événements cardiovasculaires.
Le projet AtheroPTM part d’une autre piste. Il va étudier comment certaines modifications des protéines, dites post-traductionnelles, peuvent favoriser la progression de la maladie cardiovasculaire. L’idée est simple sur le papier, plus complexe dans les faits, identifier des mécanismes qui agissent directement dans la paroi artérielle et qui pourraient devenir de nouvelles cibles pour prévenir infarctus et AVC.
Près d’un million d’euros pour regarder au niveau des protéines
Le consortium a été retenu dans l’appel Health Research 2026 de la Fondation la Caixa. Montant du financement, 999.100 euros. Le projet est coordonné par le Centre national de recherches cardiovasculaires Carlos III, le CNIC, et dirigé par Miguel Ángel del Pozo.
Bon, ce soutien financier ne dit pas à lui seul si la piste aboutira. Mais il donne au moins les moyens de tester une hypothèse ambitieuse, celle de protéines modifiées qui ne seraient pas de simples marqueurs, mais aussi des moteurs de la maladie et, à terme, des cibles thérapeutiques.
Trois équipes internationales, trois objectifs très concrets
Le travail réunit des experts en modélisation computationnelle, médecine moléculaire, chirurgie vasculaire, pathologie, biologie vasculaire et protéomique. Trois institutions sont impliquées, le CNIC, avec les équipes de Miguel Ángel del Pozo et Jesús Vázquez, l’Université Yale, avec celle de Martin Schwartz, et le Karolinska Institutet, avec le groupe de Ljubica Matic.
Le programme s’articule autour de trois volets. D’abord, comprendre comment ces modifications régulent l’inflammation de la paroi artérielle, le remodelage vasculaire et la migration des cellules musculaires lisses. Ensuite, mesurer leur rôle dans des modèles expérimentaux d’athérosclérose, notamment sur la stabilité des plaques. Enfin, relier ces modifications à l’évolution clinique de patients grâce à l’analyse d’échantillons humains issus de différents territoires vasculaires et de plusieurs stades de la maladie.
Ce que les chercheurs espèrent, c’est repérer de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles thérapeutiques. Avec, en ligne de mire, des traitements plus locaux des vaisseaux malades et une médecine de précision mieux armée contre les complications les plus graves.