Canada : les soins gratuits pour les réfugiés de retour

Démantelé en 2012 par les conservateurs, le programme de soins de santé gratuits pour tous les réfugiés et les demandeurs d’asile va être rétabli au 1er avril.

Le gouvernement canadien a annoncé jeudi la reprise du plan de santé dont avaient été exclus certains demandeurs d’asile par la précédente administration. Au 1er avril, ils pourront à nouveau bénéficier de soins gratuits.

Un coût estimé à 5,9 millions de dollars

Cette réforme garantira que tous les réfugiés et demandeurs d’asile puissent bénéficier de services en fonction de leurs besoins en matière de santé , a expliqué John McCallum, le ministre de l’Immigration.

Le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) couvre les soins hospitaliers et médicaux, les médicaments sur ordonnance, mais aussi les soins ophtalmologiques et dentaires, dans leur intégralité. Une couverture équivalente à celle de l’assurance maladie du Québec. Le coût annuel du programme est estimé à 5,9 millions de dollars canadiens (soit 3,9 millions d’euros).

À cela s’ajouteront, dès 2017, 5,6 millions de dollars supplémentaires pour l’examen médical et la vaccination des réfugiés sélectionnés par le Canada avant qu’ils n’arrivent sur le territoire (mesure déjà en vigueur pour les réfugiés syriens arrivant au Canada).

Un traitement cruel et inusité

Arguant une volonté de faire des économies, le précédent gouvernement conservateur avait partiellement démantelé le programme dont avaient été exclus les demandeurs d’asile déboutés. Or, en 2014, la Cour fédérale a jugé que ces exclusions constituaient, au regard de la charte canadienne des droits et libertés, un traitement cruel et inusité ”.

La ministre de la santé, Jane Philpott, pointe quant à elle une réforme complexe et contre-productive, puisque la facture était de toute façon payée par les provinces, et que la suspension de soins comme le suivi prénatal pouvait générer des charges plus conséquentes. Devant la complexité du système mis en place par les Conservateurs, certains médecins avaient choisi d’offrir leurs services sans être rémunérés.