Ce que la science révèle sur l’orgasme, bien au-delà du plaisir

Femme lit orgasme
Image d'illustration. Femme lit orgasme — ADN

Douleur, cerveau, moelle épinière, conscience: l’orgasme ne se résume pas au plaisir. La recherche montre un phénomène bien plus complexe.

En bref

  • L’orgasme a une définition biologique précise
  • Le cerveau distingue plusieurs types de stimulation
  • Le nerf vague peut contourner une lésion médullaire

L’orgasme, la science le décrit de façon très concrète. Il correspond à des contractions rythmiques espacées d’environ 0,8 seconde, qui ralentissent ensuite jusqu’à s’arrêter, avec en général une sensation d’euphorie.

Un phénomène mesurable, pas seulement une sensation

On le réduit souvent au plaisir. C’est trop court. L’orgasme peut aussi renforcer le lien avec le partenaire, soulager temporairement la douleur et modifier brièvement l’état de conscience. Les Français ont d’ailleurs cette formule, « la petite mort », qui dit bien ce basculement fugace.

Mais tout n’est pas positif. Certains troubles font du climax une expérience associée à un inconfort durable, voire à de la douleur. Et si l’on sort de l’humain, les observations chez les animaux montrent autre chose encore, l’orgasme n’est alors qu’un élément parmi des rituels d’accouplement plus larges, parfois liés à l’établissement d’une hiérarchie sociale.

Le cerveau ne reçoit pas tous les orgasmes de la même façon

Une étude neurologique de 2016, fondée sur l’imagerie cérébrale, suggère que des orgasmes déclenchés par différentes stimulations activent des circuits qui se recoupent, mais pas totalement. En gros, le cerveau ne traite pas exactement de la même manière une stimulation du clitoris, de l’anus, des lèvres, des mamelons ou même du cuir chevelu.

Ce point est loin d’être anecdotique. Environ 12 % des femmes pourraient atteindre l’orgasme par la stimulation d’autres zones érogènes que les organes génitaux. Le cortex sensoriel semble cartographier ces régions séparément.

Selon Barry Komisaruk, chercheur à l’université Rutgers à Newark, chaque zone projetterait ses signaux vers un emplacement distinct dans le cerveau et pourrait produire sa propre qualité d’orgasme. Si plusieurs zones sont stimulées en même temps, l’expérience pourrait donc devenir plus complexe et plus intense. Clairement, on est loin d’un mécanisme unique et uniforme.

Même avec une moelle épinière lésée, des voies restent actives

C’est l’autre résultat marquant. La moelle épinière sert normalement d’autoroute à double sens entre le cerveau et le reste du corps. On aurait donc pu penser qu’une section de cette voie empêchait toute sensation sexuelle.

Les travaux de Barry Komisaruk montrent pourtant que des femmes ayant la moelle épinière sectionnée peuvent encore avoir un orgasme. L’explication avancée passe par le nerf vague. L’imagerie cérébrale indique que des signaux sensoriels venant des organes reproducteurs peuvent contourner la zone lésée et atteindre directement les centres cérébraux du plaisir et du traitement sensoriel.

Le chercheur estime aussi que ce nerf répond probablement en temps normal aux stimulations vaginales et cervicales, mais que son rôle pourrait devenir plus important quand la voie médullaire n’est plus disponible. Ce que ça change pour vous ? Une chose simple, l’orgasme reste un phénomène biologique complexe, avec plusieurs chemins possibles dans le corps et dans le cerveau.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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