Les nouveaux modes de rémunération des professionnels de santé, valorisant le travail en équipe, seront généralisés, a annoncé vendredi la ministre de la Santé Marisol Touraine, en visitant une maison de santé de la région parisienne.
L’objectif est que 1.000 équipes en bénéficient à l’horizon 2017, soit quelque 100.000 professionnels pour 4 millions de patients, a-t-elle précisé à la maison de santé de Magny-en-Vexin. Dans cette bourgade de 6.000 âmes, une quinzaine de professionnels de santé (médecins, kiné, infirmières, podologues) exercent en libéral dans un même local et expérimentent depuis 2011 les nouveaux modes de rémunération, comme 280 autres structures à ce jour.
Ils reçoivent de ce fait un forfait pour leur travail en équipe, en plus du paiement à l’acte qui constitue historiquement l’essentiel de leur rémunération. Cela leur permet, en autres, d’organiser des réunions entre les consultations pour évoquer la prise en charge de certains patients, de développer la prévention et le dépistage ou de travailler en lien avec des assistantes sociales.
« Les professionnels travaillent mieux ensemble », l’organisation « permet des échanges autour de cas concrets de patients, de discuter, d’accompagner mieux » les malades. Les nouveaux modes de rémunération supposent aussi « d’avoir des horaires d’ouverture mieux adaptés », de pouvoir prendre des urgences hors rendez-vous, et pour le patient, c’est aussi un gage de « meilleure prise en charge », a déclaré Mme Touraine.
Cette rémunération collective a fait l’objet de négociations en 2014 entre l’Assurance maladie et les professionnels de santé, mais elles n’ont pas abouti. La ministre a donc désigné un arbitre et, à l’aune de ses conclusions, décidé de pérenniser ce paiement et d’étendre le travail en équipe.
Chaque structure recevra en moyenne 50.000 euros par an (soit une enveloppe globale d’environ 50 millions pour les 1.000 équipes). Ce mode d’exercice, encore confidentiel, se développe. La France compte environ 600 pôles et maisons de santé (200 nouveaux projets en cours) et 150 centres de santé pluriprofessionnels.
La ministre a par ailleurs évoqué vendredi la concertation en cours sur certains points de son projet de loi santé contestés par les professionnels de santé, dont les médecins. « Je tiendrai évidemment compte de cette concertation », assuré la ministre appelant « chacun » à « assumer ses responsabilités ».
L’approche « des élections professionnelles ne doit pas être un prétexte pour l’immobilisme »
Sur l’organisation territoriale, « je ne veux pas d’une vision descendante portée par les ARS », qui « feraient descendre d’en haut les mêmes mécanismes » sans tenir compte des spécificités et besoins locaux. « Il faut encourager les initiatives locales », a-t-elle affirmé. La rédaction de l’article sur ce sujet « doit évoluer, y compris si nécessaire dans son appellation. »
Le texte de loi doit être examiné à partir du 17 mars en commission des Affaires sociales de l’Assemblée, et à partir d’avril dans l’hémicycle.