L’automédication reste moins développée en France que la moyenne européenne
L’automédication en France reste moins développée que dans la plupart des pays européens, a affirmé mardi l’Afipa, l’association des industriels français du secteur, qui appelle à s’inspirer de l’exemple de l’Espagne qui a largement étendu le champ des médicaments sans ordonnance.
« Nous sommes surpris de voir qu’il n’y a aucune volonté politique en France de développer l’automédication alors que c’est le cas dans tous les autres pays », a déclaré le président de l’Afipa, Pascal Brossard, en présentant à la presse l’édition 2015 du « baromètre européen » de l’automédication.
Cette étude compare le niveau de l’automédication -les ventes de médicaments sans ordonnance et non remboursés- dans huit pays européens.
En 2014, la part de marché de l’automédication en France (en volume) restait à la traîne avec 15,4% (-0,3 point) pour une moyenne européenne de 32,3%.
Plusieurs pays se situent autour de 40%: Allemagne (44,8%), Suède (41,2%), Belgique (38%), Pays-Bas (37,5%), alors que le Royaume Uni atteint même 57,8%. L’automédication est inférieure à la France en Italie (12,3%, stable) et en Espagne (11,7%, +3 points).
Le marché a été « relativement atone » en 2014, mais deux pays, l’Allemagne et l’Espagne, ont connu une croissance significative, a relevé Jean-François Derré, directeur associé du cabinet Celtipharm, qui réalise l’étude. L’Allemagne a vu en 2014 une politique de restriction du médicament de prescription, avec la diminution des remises autorisées, qui a profité à l’automédication. L’Espagne de son côté a enregistré l’impact des mesures prises en 2012 où une vague de déremboursements a entraîné l’arrivée de nombreux médicaments sur le marché de la vente libre.
Au total, 417 spécialités, correspondant au traitement de symptômes mineurs, ont été « délistées » en Espagne, selon le pointage de Celtipharm. « En 2012, l’Espagne a fait des choix politiques forts et a mis l’automédication au coeur de la stratégie de santé publique », a souligné M. Brossard.
« Ces réformes n’ont été faites que grâce à l’impulsion des autorités politiques et administratives », a-t-il ajouté. « On pourrait s’inspirer de cet exemple », a poursuivi le président de l’Afipa.
