Selon une étude récente, les microplastiques associés à un risque accru de cancer pourraient être plus présents dans le verre que dans le plastique, remettant en question l’idée répandue que ce matériau serait une alternative plus sûre.
- Les bouteilles en verre contiennent plus de microplastiques que prévu.
- La source principale est la peinture des capsules métalliques.
- L’impact sur la santé reste encore incertain.
Des niveaux inattendus de microplastiques dans le verre
Surprise de taille pour les amateurs de boissons en bouteille : selon une récente étude menée par l’ANSES, l’agence française de sécurité sanitaire des aliments, les boissons conditionnées en bouteilles en verre affichent une concentration bien plus élevée de microplastiques que celles contenues dans des emballages plastiques ou métalliques. Ce constat, qui va à l’encontre des idées reçues, concerne notamment des sodas, bières, limonades et thés glacés commercialisés dans l’Hexagone. En moyenne, une bouteille en verre contiendrait près de 100 particules de microplastique par litre — soit jusqu’à cinquante fois plus que ses homologues en plastique ou en canette.
D’où viennent ces particules indésirables ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les parois du verre qui sont responsables de cette pollution microscopique. L’analyse poussée menée par les chercheurs pointe du doigt la peinture déposée sur les capsules métalliques servant à sceller les bouteilles. Lors du stockage ou du transport, des frottements répétés provoquent des éraflures infimes sur ces capsules. Résultat : de minuscules fragments plastiques se détachent et finissent leur course dans nos boissons préférées — phénomène totalement invisible à l’œil nu.
À ce stade, voici ce que révèle précisément l’enquête :
- Les bouteilles de bière figurent parmi les plus contaminées avec environ 60 particules par litre ;
- L’eau reste globalement épargnée (entre 1,6 et 4,5 particules par litre selon le contenant) ;
- Le vin présente quant à lui un niveau très faible même lorsqu’il est embouteillé sous capsule métallique.
Pistes d’amélioration et interrogations sanitaires
Face à ces résultats surprenants, quelques solutions semblent émerger. Nettoyer les capsules avant utilisation ou repenser leur stockage pourrait limiter la migration de microplastiques dans les boissons, suggèrent les auteurs. Pour autant, le risque sanitaire demeure difficile à établir : faute de données toxicologiques solides sur l’ingestion chronique de ces particules à ces doses, impossible aujourd’hui d’évaluer précisément leur dangerosité pour le consommateur.
Ce travail remet donc en question la réputation du verre comme matériau « pur ». Il invite aussi industriels et autorités à reconsidérer leurs standards. Reste désormais à approfondir la recherche pour comprendre l’impact réel sur notre santé et faire évoluer, si besoin, les pratiques autour du conditionnement des boissons.