Une étude menée au Musée égyptien du Caire montre que l’odeur des momies reste plutôt agréable. Un indice utile pour leur conservation.
En bref
- Des momies sentent le bois, les épices et le sucré
- L’odeur peut aider à suivre leur état
- Le musée veut recréer cet arôme
Suivre l’état d’une momie sans la manipuler davantage, ce n’est pas un détail. C’est même l’idée la plus intéressante d’une étude menée au Musée égyptien du Caire, où des chercheurs ont analysé l’odeur de corps momifiés vieux d’environ 3 000 ans.
Le résultat a de quoi surprendre. On aurait pu imaginer quelque chose de rance ou d’agressif. Les odeurs relevées ont plutôt été décrites comme boisées, épicées et sucrées. Pas de quoi romantiser la scène, bien sûr, mais quand même, pour des restes aussi anciens, le constat n’est pas banal.
Sentir sans toucher, un outil de conservation prometteur
L’intérêt de ce travail ne tient pas seulement à son côté insolite. Les chercheurs expliquent que l’analyse des odeurs pourrait servir de méthode non invasive pour surveiller la condition des momies. En gros, si l’odeur change, cela peut signaler une évolution de leur état de conservation.
Ce point compte beaucoup dans un musée. Plus on évite les interventions directes, mieux c’est pour des objets aussi fragiles. Résultat ? L’odorat, appuyé par des instruments scientifiques, devient une piste de suivi assez concrète.
Une odeur bien plus complexe que prévu
Ce que les chercheurs ont senti ne vient pas d’une seule source. Et c’est là que l’étude devient plus fine qu’une simple expérience de curiosité. L’odeur perçue autour des corps momifiés ne se résume pas aux substances utilisées il y a des siècles pour les préserver.
Bon, ces produits anciens pèsent évidemment dans le mélange. Mais ils n’expliquent pas tout.
D’où vient ce parfum des corps momifiés
Les analyses ont croisé deux approches, des nez humains et des instruments scientifiques. Elles montrent que les senteurs proviennent à la fois des huiles, des résines et des baumes employés lors de la momification, mais aussi des produits de conservation utilisés aujourd’hui par le musée.
À cela s’ajoute un facteur moins poétique, l’activité microbienne liée à la détérioration progressive des momies. C’est important, parce que cela rappelle une chose simple, une odeur n’est pas un décor. C’est aussi un signal matériel, qui raconte ce qui se passe sur l’objet lui-même.
Le musée veut aussi faire entrer le public dans l’expérience
Les chercheurs comptent désormais recréer cet arôme pour les visiteurs du Musée égyptien du Caire. L’idée est assez forte, parce qu’elle transforme une donnée scientifique en expérience de visite, sans toucher aux momies.
Pour vous, ce que cela change est assez clair. Cette étude ne dit pas seulement que des momies peuvent sentir étonnamment bon. Elle montre surtout que l’odeur peut devenir un outil de conservation, et peut-être une nouvelle façon de comprendre ces corps anciens, sans les fragiliser davantage.