Marisol Touraine veut lutter encore plus contre les violences envers les femmes !

C’est le chiffre accablant qui ressort de la conférence « Violence et Sexualité » qui s’est tenue à Paris, en regroupant différents spécialistes du secteur pour mieux analyser et comprendre les violences que subissent les femmes à travers le monde. C’est en effet une femme sur trois qui se retrouve victime de violence, le plus souvent, de la part de son compagnon. Un chiffre qui glace le sang et qui appelle à davantage de sensibilisation.

Un tiers des femmes au monde victimes de violences selon l’OMS !

« Les violences faites aux femmes, aux enfants et singulièrement aux petites filles, ne sont pas des violences comme les autres », a déclaré la ministre de la santé Marisol Touraine qui s’exprimait lors de la conférence Violence et sexualité, organisée par la Chaire UNESCO Santé sexuelle et droits humains.

« Elles n’ont qu’un seul et même objectif, un seul et même résultat : reproduire, génération après génération, les inégalités entre les femmes et les hommes, maintenir la soumission des femmes et – disons-le clairement – la domination masculine », a affirmé Mme Touraine.

L’indignation assumée de Marisol Touraine contre les violences envers les femmes !

La Chaire UNESCO « Santé sexuelle et droits humains » qui est à l’initiative de cette réunion a tenu à inviter le plus grand nombre d’acteurs possible dans le secteur de la sensibilisation pour interpeller l’opinion publique sur ce phénomène qui touche de plus en plus de foyer, dans le monde entier. Marisol Touraine, ministre de la Santé a souligné par ailleurs l’aspect abject des violences subies par les enfants et plus particulièrement les petites filles.

L’OMS vient en renfort à ces études pour attester qu’effectivement, 30% des femmes ayant été en couple dans le monde avouent avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint. Mme Touraine affirme que ces violences sont là pour perpétuer la domination masculine, au détriment de l’égalité des sexes, reproduisant cette misogynie de génération en génération.

Une femme sur trois victime de violences dans le monde

Les statistiques varient d’une partie du monde à l’autre. Ainsi, les pays riches constituent la partie du monde où l’on retrouve le moins de violences à l’égard des femmes, avec 23% contre 37.7% en Asie du Sud Est. Certains organismes soulignent la capacité des enfants à reproduire les abus dont ils ont été victimes une fois adultes. Cependant, aucune étude à ce jour ne le démontre clairement.

Combattre les normes

Près d’un tiers des garçons qui ont été témoins de violences sur leur mère, ou qui ont été abusés ont un risque accru de reproduire ces comportements, tandis que les filles risquent de se retrouver plus souvent engagées dans des « relations abusives ».

Pour sa part, Joanna Herat de l’Unesco insiste sur le rôle de l’éducation au sein des écoles pour « combattre les normes qui conduisent à trouver normal de battre une femme, un enfant ou les violences sexuelles ». « Les violences dans les écoles sont restées un sujet tabou pendant des années, surtout la violence sexuelle, mais ça existe dans tous les pays », dit-elle.

« En Afrique australe, une enquête récente montrait que 40% des directeurs des établissements scolaires avouaient l’existence de harcèlement dans leurs écoles ». En France, 40% des élèves (lycées, collèges) indiquent être victimes de cyberharcèlement. « En Amérique Latine, les filles sont soumises régulièrement au harcèlement sexuel et au chantage sexuel de la part de leurs enseignants », note encore cette spécialiste de l’Unesco.

Le fléau touche toutes les couches de la société, comme le montre une enquête récente auprès de 1.474 sages-femmes françaises en activité: 21% ont été victimes de violence sexuelle et 20% de violences au sein du couple.