Patients radicalisés : les médecins pourront briser le secret médical

Lorsqu’un médecin est face à un patient radicalisé, il est souvent démuni, mais désormais, il bénéficiera d’un soutien supplémentaire. En effet, l’Ordre des médecins a publié une note dans laquelle le secret médical est évoqué.

« Nous souhaitions que les médecins puissent apporter une réponse cohérente à ce problème tout en évitant l’écueil d’un signalement abusif qui serait tout aussi préjudiciable », a expliqué à l’AFP Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Cnom.

Il n’y a pas plus d’appels depuis les attentats mais la situation devait être éclaircie pour répondre notamment aux questionnements de médecins isolés, a-t-il fait valoir.

Dans sa note, le Cnom rappelle que le médecin est tenu au respect du secret professionnel « par la loi et le code de déontologie médicale ». « Cependant devant certaines situations de radicalisation avérée de nature à faire craindre un comportement dangereux de la part du patient, les médecins se trouvent face à un cas de conscience où ils peuvent légitimement estimer ne pas devoir garder pour eux ce qui leur a été confié ou remarqué », est-il stipulé.

« Cela relève du cas par cas. Et, les médecins peuvent se tourner vers les conseils départementaux pour solliciter leur avis », a expliqué le Dr Faroudja.

Une note de l’Ordre des médecins qui soulage les professionnels

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, certaines modifications ont été apportées notamment dans le domaine médical. Les médecins sont parfois les premiers à être confrontés à un signe de radicalisation d’un patient. Parfois impuissants face à cette situation hors du commun, ils obtiennent désormais le soutien du Conseil national de l’Ordre des médecins qui a partagé une note. Cette dernière met en avant les différentes démarches à accomplir en présence d’un patient radicalisé ou en phase de l’être. Il sera nécessaire d’identifier les critères et ne pas confondre la radicalisation avec le fondamentalisme.

En face de patients radicalisés, le secret sera levé

Les professionnels de la Santé sont tenus au secret médical, ils n’ont donc pas la possibilité de communiquer des éléments concernant leur patient, c’est un gage de confiance et de confidentialité. Toutefois, face à un patient radicalisé, le concept peut changer, car ils ont l’occasion de s’affranchir du secret médical. La plus grande difficulté consistera à identifier réellement un individu frappé par la radicalisation, car un signalement abusif pourrait être nocif pour la profession et préjudiciable pour la personne en question.

Identifier réellement la radicalisation d’un individu

Ils auront la permission de briser le silence s’ils constatent que le comportement d’un patient peut s’avérer dangereux. Par conséquent, il faudra étudier les cas un par un et si les médecins sont en possession d’informations précieuses, ils pourront se tourner vers la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes). Dans ce cas de figure, nous pouvons par exemple évoquer le voyage pour effectuer le Jihad.