Les pharmacies de plus en plus victimes d’agressions et de violences

L’Ordre national des pharmaciens a fait état, hier, de son observatoire des agressions subies par les pharmaciens sur l’année 2015. Une augmentation des violences est constatée surtout dans les petites villes.

Les pharmacies, à l’instar des autres commerces de proximité, font elles-aussi face à une augmentation des problèmes d’insécurité. Le rapport publié hier par l’Ordre national des pharmaciens vient confirmer cette triste réalité. Les attaques à main armée ainsi que les agressions physiques et verbales sont en augmentation. 131 agressions ont ainsi été déclarées l’an passé par des pharmaciens. Un nombre cependant largement sous-estimé selon l’Ordre des pharmaciens qui “n’ont pas toujours le temps ou l’envie de déclarer leur agression“.

Augmentation des vols à main armée

Selon l’Ordre national des pharmaciens, 14% des agressions étaient des attaques à main armée. Ces vols sont en hausse de 3% par rapport à l’année 2014 et inquiètent particulièrement les pharmaciens ayant leur officine à la campagne ou dans de petites villes. 80% de ces vols à main armée déclarés ont effectivement été réalisés dans des villes de moins de 50.000 habitants.

L’Ordre national des pharmaciens estime que les assaillants préfèrent cibler des officines dans des villes ou des villages à faible présence policière. Des “razzias” rurales réalisées par des groupes d’individus sont par ailleurs relevées, notamment en Lorraine, Bourgogne et en Ile-de-France. Cependant, comme le rappelle l’Ordre des pharmaciens, les officines ne disposent généralement que de très peu de liquidités car la plupart des transactions financières sont dématérialisées.

Des agressions verbales, des dégradations et des menaces

L’Ordre des pharmaciens pointe par ailleurs une augmentation des agressions verbales, des dégradations et des menaces à l’encontre des pharmaciens. Cette augmentation a généralement pour origine le refus, de la part du pharmacien, de délivrer des médicaments car l’ordonnance n’est pas conforme ou qu’il existe un problème avec la Carte Vitale. L’impossibilité pour le praticien d’accepter, dans certains cas, un paiement par tiers payant est aussi une source d’agression.

L’Ordre va mettre en place un formulaire en ligne afin que les pharmaciens puissent plus facilement faire part d’une agression. Le communiqué explique enfin que “le pharmacien doit gérer de plus en plus la souffrance de la population” et que “cette souffrance se reporte sur le pharmacien souvent avec agressivité“.