Premières radios humaines dans l’espace, un cap médical très concret

Vue large de l'ISS en orbite avec océan bleu et nuages blancs
Image d'illustration. Prise de vue large de la station spatiale internationale — ADN

Des astronautes ont réalisé pour la première fois des radiographies en orbite, avec une qualité jugée diagnostique. Un pas clé pour la santé loin de la Terre.

En bref

  • Premières radios humaines réussies en orbite
  • Qualité suffisante pour un diagnostic
  • Un enjeu majeur pour Lune et Mars

Tomber malade à des centaines de milliers de kilomètres de la Terre, ce n’est plus un scénario de science-fiction. Et pour soigner, il faut d’abord voir. C’est là que cette avancée compte vraiment, des astronautes ont réussi pour la première fois à réaliser des radiographies humaines en orbite, avec une qualité jugée suffisante pour le diagnostic.

L’étude a été publiée dans Radiology.

Pourquoi la radio manquait encore à bord

Depuis plus de quarante ans, l’échographie était l’unique solution d’imagerie réellement praticable dans l’espace. Son avantage est simple, elle est portable, sûre, et son capteur s’applique directement sur le corps. En microgravité, où tout flotte, c’est un atout énorme.

La radiographie pose un autre problème. Il faut une source de rayons X, un détecteur placé en face, et un patient bien aligné entre les deux, sans bouger assez longtemps pour capter une image nette. Pas idéal quand ni l’humain ni l’appareil ne tiennent naturellement en place.

Mais la technique a changé. Ces dernières années, des appareils ultraportables, numériques, sans fil et sur batterie ont relancé l’idée d’une radio en orbite. Un premier cap avait été franchi en 2022 pendant un vol parabolique, qui simule brièvement l’apesanteur.

Une mission civile a servi de test grandeur nature

Cette fois, l’essai a eu lieu lors de Fram2, une mission entièrement civile de SpaceX, à bord du vaisseau Resilience, pour un vol polaire orbital de 3,5 jours.

L’équipage emportait un système de radiographie numérique sans fil. Avec seulement quatre heures de formation, les membres ont pris des clichés avant le vol puis en orbite. Ils ont radiographié un objet témoin, une smartwatch, mais aussi des mains, des avant-bras, le thorax, l’abdomen et le bassin.

Des images jugées exploitables, avec des limites nettes

Les clichés ont ensuite été examinés séparément par des radiologues restés sur Terre. Leur conclusion est solide, toutes les images atteignaient un niveau de qualité comparable et compatible avec un usage diagnostique.

Le plus dur n’était pas de déclencher la machine. C’était le placement. Résultat, les mains et les bras ont donné les images les plus propres, parce qu’ils bougent moins et se stabilisent plus facilement. Le thorax, l’abdomen et le bassin étaient un peu moins nets, mais restaient au-dessus du seuil utile pour le diagnostic.

Il reste quand même des limites. Le temps disponible en vol a réduit le nombre d’images possibles. Et sur des missions lointaines, l’assistance médicale en temps réel depuis la Terre pourrait manquer.

Ce que cela change pour les futures missions

L’intérêt ne se limite pas au corps humain. L’image de la smartwatch montre qu’un appareil portable pourrait aussi inspecter du matériel critique sans le démonter, pour repérer un dommage caché.

Les chercheurs envisagent aussi une aide de l’IA pour vérifier la qualité des images et repérer d’éventuels problèmes médicaux quand aucun radiologue ne peut répondre immédiatement depuis la Terre. Dernier point, l’appareil a été endommagé au retour, même s’il fonctionnait encore. Pour la Lune ou Mars, il faudra donc un système plus robuste.

Concrètement, on parle d’un outil de base pour l’autonomie médicale. Quand les équipages s’éloignent, dépendre de la Terre devient beaucoup plus compliqué.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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