Scandale de la Dépakine : Sanofi refuse d’admettre sa culpabilité
Selon nos confrères du "Canard enchaîné", un très grand nombre de femmes enceintes ont continué à prendre de la Dépakine bien après que les dangers aient été connus.
La Dépakine est un anti-épileptique produit par le laboratoire Sanofi et commercialisé depuis 1967. Dès les années 80, les risques importants de malformations congénitales, que la prise par les femmes enceintes de ce produit entraînerait, sont connus mais ce n’est qu’au début des années 2000 que l’impact sur le développement du fœtus a été démontré. Il faudra pourtant de longues années avant que la notice ne soit modifiée, mettant ainsi en garde les femmes enceintes. Ce retard coupable est à l’origine de milliers de cas d’enfants victimes de malformations et de troubles du développement.
15.000 enfants nés avec des handicaps selon l’avocat des victimes
Bien que les dangers étaient connus de longue date, près de 10.000 femmes ont cependant consommé cet anti-épileptique entre les années 2007 et 2014 selon nos confrères du journal satirique qui citent une étude menée à la fois par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Les journalistes du « Canard enchaîné » estiment qu’une partie de cette étude aurait été « soigneusement cachée aux familles » des victimes. Une accusation réfutée par le ministère de la Santé ainsi que par Charles Joseph-Oudin, l’avocat des victimes. Celui-ci assure que « L’association des victimes et moi-même sommes en discussion extrêmement rapprochée avec le ministère. Un rendez-vous était prévu de longue date à la fin du mois d’août pour nous communiquer cette étude et ensuite la rendre publique. Il n’y a pas de polémique là-dessus« . L’avocat déplore par ailleurs qu’environ 15.000 enfants sont nés avec des handicaps liés à la prise de la Dépakine par leur mère pendant leur grossesse.
Sanofi refuse d’assumer sa responsabilité
Me Joseph Oudin explique que « L’ampleur et le nombre des dossiers montrent qu’il est important aujourd’hui que le laboratoire accepte sa responsabilité. Il faut savoir aujourd’hui que le laboratoire Sanofi refuse d’assumer sa responsabilité et l’ampleur et la gravité des dossiers nous conduisent à inviter le laboratoire à entrer en discussion avec nous pour trouver des solutions pour les victimes de son produit »
Le laboratoire de pharmacie assure de son côté qu’il avait dès 2003 alerté les autorités et demandé à ce que la notice d’information soit modifiée, notamment dans le Vidal. Trois longues années se sont écoulées avant qu’une mention d’incompatibilité avec la grossesse n’en soit faite dans le recueil de pharmacologie.
