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Selon l’ONG Générations futures il y a encore trop de perturbateurs endocriniens en France

Des pesticides interdits ont été retrouvés sur des salades achetées en supermarché, selon des tests effectués sur 31 salades achetées dans l’Oise et dans la Somme par l’ONG Générations futures. Une cinquième étude de l’association Générations Futures pointe du doigt une forte présence de pesticides interdits ou suspectés d’être des perturbateurs endocriniens dans les salades notamment, selon ces tests effectués entre le 28 mai et le 21 juillet 2015.

« On note la présence de DDT dans deux échantillons (6,45% de l’ensemble), matière active totalement interdite en usage agricole en Europe et, dans trois échantillons, de quatre matières actives interdites » sur les salades en France  (cyproconazole, imidaclopride, mandipropamid, oxadiazon), affirme Générations Futures.

L’ONG avait réalisé en 2013 des tests similaires sur des échantillons de fraises, qui contenaient aussi des substances interdites.

La présence de l’insecticide DDT, interdit en France depuis 1971, peut cependant être liée à la persistance dans les sols de ce produit toxique, reconnait l’ONG. Outre les substances interdites, Générations futures fait état de la présence de pesticides dans les échantillons testés: en moyenne 3,7 types de pesticides par salade.

L’ONG n’a cependant relevé « aucun dépassement des limites maximales autorisées » pour ces substances, mais son porte-parole François Veillerette veut alerter sur « la non prise en compte des possibles effets cocktail » (interactions entre différentes molécules).

Vers une définition des perturbateurs endocriniens, des substances chimiques soupçonnées de provoquer cancers

« Nous sommes chaque jour exposés à de multiples molécules, dont certaines ont un impact sur la santé », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse. L’ONG a également dénoncé l’immobilisme de la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens qui sont contenus dans de nombreux pesticides autorisés.

La Commission européenne devait arrêter en 2013 une définition des perturbateurs endocriniens, des substances chimiques soupçonnées de provoquer cancers, malformations congénitales et retards de développement chez les enfants. Les travaux n’ont pas abouti et une étude sur l’impact socio-économique de l’interdiction de ces substances a été lancée.

« C’est tout le contraire de ce qu’il faut faire si on veut protéger la santé des populations », a regretté François Veillerette, qui dénonce « le lobby de l’agro-chimie » et appelle « les autorités nationales à agir au niveau européen » sur ce dossier.

Cette alerte de Générations futures est une illustration de ce qui nous attend. En ayant mis la charrue avant les bœufs en accordant des homologations trop rapidement en raison d’intérêts commerciaux, nous pouvons nous attendre au pire. Chaque ménage mange cinq kilos de salade par an, mais qu’en est-il de tous les autres produits que nous consommons ou buvons quotidiennement ? Pourquoi apprenons-nous si peu des erreurs du passé ?