La dysfonction érectile ne touche pas seulement le corps. Selon Boston Medical, elle pèse aussi lourd sur le moral, le désir et le recours aux soins.
En bref
- Le trouble pèse aussi sur la santé mentale
- Près d’un cas sur cinq est situationnel
- La honte retarde encore la consultation
La dysfonction érectile ne se joue pas seulement dans le corps. Chez les hommes concernés, elle déborde très souvent sur le moral, la confiance et la vie de couple. D’après le Baromètre de santé sexuelle masculine de Boston Medical, plus de 90 % disent que ce trouble affecte leur état émotionnel. Et 17 % se disent profondément touchés.
Quand le symptôme sexuel déborde sur le moral
À l’occasion de la Journée de lutte contre la dysfonction érectile, les spécialistes de Boston Medical insistent sur un point simple, mais encore trop peu pris en compte, traiter l’impact psychologique compte autant que traiter les symptômes physiques.
Le docteur Antonio José Sánchez, médecin et sexologue chez Boston Medical España, décrit des patients qui arrivent en consultation avec bien plus qu’une difficulté sexuelle. Il évoque « une grande charge émotionnelle, une anxiété de performance, une peur de l’échec ou des problèmes de couple ». Selon lui, cet ensemble finit par abîmer l’estime de soi, nourri par l’idée fausse que la valeur d’un homme dépendrait de sa performance sexuelle.
Corps, anxiété, couple, un cercle qui s’entretient
Dans certains cas, le point de départ est physique. L’hypertension ou un cholestérol élevé, par exemple, peuvent être à l’origine de la dysfonction érectile. Mais le versant psychique peut apparaître ensuite, comme conséquence du trouble lui-même. Bon, c’est là que le cercle devient difficile à casser.
Boston Medical estime aussi que 40 % des hommes concernés finissent par développer une baisse secondaire du désir sexuel, portée par la frustration liée au problème.
Parfois, la dimension psychologique est au départ du trouble
L’inverse existe aussi. Chez certains patients, la dimension psychologique n’accompagne pas la dysfonction, elle la déclenche. La forme dite situationnelle, celle qui apparaît seulement dans certains contextes ou avec certaines partenaires, représenterait près de 20 % des cas.
Le tableau n’est pas isolé. La clinique indique également que presque 65 % des cas d’éjaculation précoce observés chez elle sont présents dès le début de la vie sexuelle. À ce stade, beaucoup d’hommes identifient mal leur niveau d’excitation, et la pression, l’anxiété ou l’insécurité peuvent peser très tôt.
La honte retarde souvent l’aide, et la prise en charge change
Reste un frein massif, parler du problème. La honte, la peur d’être jugé ou l’idée que cela va passer tout seul repoussent souvent la demande d’aide.
Le docteur Ignacio Fernández, de la clinique Boston Medical à Madrid, raconte le cas d’un patient qui avait retardé sa venue par gêne, jusqu’à craindre d’être vu par l’accueil. Une fois en consultation, la peur est redescendue et le traitement a pu commencer.
Depuis 2019, Boston Medical dit avoir intégré des thérapeutes sexuels pour travailler avec les médecins. L’idée est de ne pas opposer le corps et l’esprit. Le coordinateur de thérapie sexuelle de Boston Medical España le résume ainsi, il faut comprendre comment interagissent, chez chaque patient, les facteurs biologiques, psychologiques, sexuels et relationnels. Pour le lecteur, l’enjeu est là, un trouble sexuel peut aussi être un sujet de santé mentale, et le retard à consulter n’est jamais neutre.