Une étude espagnole sur près de 1 900 familles relie la présence d’un chat à 4-5 ans à plus de difficultés psychiques chez l’enfant. Pas les autres animaux.
En bref
- Chats liés à plus de difficultés à 4-5 ans
- Autres animaux associés à un effet protecteur
- L’étude ne prouve pas une cause directe
Un résultat sort du lot, et il est plutôt contre-intuitif. Chez des enfants de 7 à 8 ans, le fait d’avoir eu un chat vers 4-5 ans est associé à davantage de difficultés psychiques, alors que d’autres animaux semblent, eux, liés à un risque plus faible.
Le signal qui ressort vraiment chez les chats
Publiée dans le World Journal of Pediatrics, l’étude a distingué les comportements dits internalisés, comme l’anxiété ou un mal-être tourné vers soi, et les comportements externalisés, plus visibles, comme l’agitation ou des problèmes de conduite. C’est sur ces deux plans que le chat apparaît associé à plus de difficultés, mais seulement pour une période précise, entre 4 et 5 ans.
Le reste est beaucoup moins spectaculaire. Les chiens, les oiseaux et la plupart des autres configurations de vie avec un animal n’ont pas montré de lien statistiquement significatif avec la santé mentale des enfants.
Une cohorte solide, mais une étude d’observation
Derrière ce résultat, il y a quand même une base de données sérieuse. Les chercheurs espagnols ont exploité le projet Infancia y Medio Ambiente, lancé au début des années 2000 dans sept zones d’Espagne, avec 1 893 binômes mère-enfant.
Les familles ont été suivies pendant la grossesse, à la naissance, à 1 an, puis à 4-5 ans et à 7-8 ans. Les auteurs ont croisé des dossiers médicaux, des informations sociodémographiques et des questionnaires remplis par les parents. À 7-8 ans, ces derniers ont aussi évalué les symptômes émotionnels, l’hyperactivité, les problèmes avec les pairs, les troubles du comportement et les conduites prosociales.
Mais attention au point central. C’est une étude observationnelle. Elle montre une association, pas une cause.
Pourquoi certains animaux semblent protecteurs
Environ un quart des familles avaient toujours eu un animal, le plus souvent un chien ou un chat. Pourtant, l’effet favorable n’a pas été vu chez eux. Il apparaît chez les animaux classés comme « autres », pas chiens, pas chats, pas oiseaux, présents lors des deux suivis de petite enfance.
Les chercheurs avancent plusieurs pistes. Certains petits animaux, comme les reptiles, les amphibiens ou les lapins, sont souvent perçus comme des animaux d’enfants, plus faciles à prendre en charge. Et cette responsabilité quotidienne pourrait jouer. Bon, ce ne sont que des hypothèses.
Ce que cela change pour les parents
Les auteurs rappellent que le lien affectif avec un animal peut aussi produire ses effets plus tard, peut-être jusqu’à l’adolescence. Ils évoquent aussi des différences de relation selon l’espèce. Un chat sort moins volontiers pour courir ou jouer dehors avec un enfant, et des familles déjà confrontées à des troubles psychiques peuvent aussi le choisir parce qu’il demande moins d’entretien.
Une autre piste est citée, la toxoplasmose, qui pourrait influencer la cognition et la santé mentale chez l’enfant. Mais là encore, rien ne permet de trancher. Ce que dit vraiment l’étude, en gros, c’est que le lien entre animal de compagnie et santé mentale infantile est complexe. Pour vous, le point utile est simple, adopter un animal n’est pas, à lui seul, une garantie de bénéfice psychologique.