Cette anomalie de croissance osseuse et cartilagineuse du talon concerne l'enfant quand le talon et le mollet sont trop sollicités.
Classée dans la catégorie des ostéochondroses apophysaires ou extra-articulaires, la maladie de Sever porte le nom de celui qui l’a décrite pour la première fois en 1912, James Warren Sever.
Maladie de croissance qui occasionne une douleur au talon chez l’enfant, elle est la conséquence d’une sollicitation excessive ou de traumatismes répétés. Les jeunes sportifs pré-pubères sont tout particulièrement concernés : avant 15 ans, et plus précisément les 8-12 ans ayant une activité physique sollicitant beaucoup les articulations.
Une maladie à plusieurs stades
Un examen clinique et une radiographie permettront d’évaluer la sévérité de la maladie :
- 1er stade : c’est l’activité physique qui est à l’origine de la douleur;
- 2e stade : cette douleur n’affecte pas la pratique de l’activité en question;
- 3e stade : la douleur n’es pas seulement ressentie lors de l’activité mais aussi dans le reste de la journée;
- dernier stade : la douleur est presque permanente, pendant et hors activité.
Facteurs de risque de la maladie de Sever
Quels sont-ils ?
- l’âge, nous l’avons vu (avec un pic de cas entre 9 et 11 ans)
- le sexe, puisque les garçons sont plus concernés
- des facteurs anatomiques : corps bréviligne et musclé, tendon d’Achille court, corps mal aligné, surpoids…
- des facteurs liés à la pratique sportive : manque d’entrainement, de condition physique, de récupération, un terrain dur ou encore un équipement inadapté (chaussures…).
Les signes de la maladie de Sever
La douleur au talon est le signe le plus évident : sur un ou deux côtés du talon, pouvant irradier vers la plante du pied. Douleur plus sévère debout sur la pointe ou lors de l’activité physique.
Un talon gonflé pourra aussi être visible, et il sera aussi douloureux et chaud.
Quelle évolution possible ? Sans prise en charge, on peut s’attendre à une tendinopathie du talon d’Achille à l’adolescence, et plus tard à une arthrose précoce, des déformations articulaires et des lésions chroniques des tissus mous.
Quels traitements ?
Dans le cas où le patient peut bouger :
- pause voire arrêt total de la pratique physique à l’origine de la maladie;
- strapping appliqué pour favoriser la stabilité du talon et réduire les traumatismes;
- port de talonnettes ou de semelles pour élever le talon et limiter la traction du tendon d’Achille sur l’os du calcanéum.
S’il est immobilisé, des béquilles et une botte de marche pourront être envisagés.