Diabète de type 2 : l’insuline mal suivie alourdit encore les risques

Glycemie diabète
Image d'illustration. Contrôle de la glycémie. — ADN

En Espagne, un tiers des patients sous insuline basale n’atteint pas une bonne adhésion. À la clé, plus de complications et des coûts en hausse.

En bref

  • Un tiers adhère mal à l’insuline basale
  • Plus de complications vasculaires et microvasculaires
  • Des coûts de soins aussi plus élevés

Pour le système de santé comme pour les patients, le signal est très concret. En Espagne, les personnes atteintes de diabète de type 2 qui suivent mal leur insuline basale coûtent plus cher à prendre en charge, et pas seulement un peu.

Une étude promue par Novo en Espagne estime à 1.092 euros par an le coût moyen de gestion des complications chez les patients ayant une bonne adhésion au traitement, contre 1.306 euros chez ceux qui ne l’ont pas. Et si l’on additionne les coûts directs totaux, avec les consultations médicales et infirmières, les analyses de laboratoire, le traitement des complications et les autres ressources de soins, la hausse atteint environ 7,4 %.

Quand le suivi du traitement se relâche, la facture grimpe

L’écart ne s’arrête pas aux dépenses médicales strictes. L’étude a aussi regardé les coûts indirects, liés aux arrêts et aux absences au travail. Ils montent à 785 euros chez les patients adhérents, contre 953 euros chez ceux qui ne suivent pas correctement leur traitement.

Résultat ? La continuité thérapeutique apparaît ici comme un levier assez concret pour réduire la charge des complications et utiliser plus efficacement les ressources du Système national de santé. Ce n’est pas un détail budgétaire.

Des complications plus fréquentes, surtout sur le plan vasculaire

Sur le plan clinique, l’écart est net aussi. Parmi les patients qui n’atteignent pas une adhésion correcte, le nombre annuel de complications macrovasculaires augmente de 15,9 %. Les complications microvasculaires progressent, elles, de 5,5 % sur un an.

Le docteur Dídac Mauricio, président de la SED et chef du service d’endocrinologie et nutrition de l’Hospital de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone, relie cela à davantage d’événements cardiovasculaires, comme la cardiopathie ischémique, les maladies cérébrovasculaires ou l’atteinte artérielle périphérique. Il cite aussi un risque accru de rétinopathie, de neuropathie et de néphropathie diabétiques.

Pourquoi l’adhésion reste difficile dans le diabète de type 2

Le point important, quand même, c’est que la maladie peut au départ provoquer peu de symptômes marqués. Beaucoup de patients ne perçoivent donc pas de bénéfice immédiat à suivre leur traitement, ce qui complique sa poursuite dans le temps.

Dans une maladie chronique déjà lourde sur le plan humain et économique, cette faible perception du gain immédiat pèse clairement sur l’adhésion. Et c’est là que les complications s’installent davantage.

Des traitements pensés pour la vie réelle

Du côté de Novo, le directeur médical en Espagne, le docteur Francisco Pajuelo, défend une innovation centrée sur les besoins réels des personnes, avec des traitements qui facilitent l’adhésion et améliorent la qualité de vie.

Dídac Mauricio va dans le même sens. Selon lui, les futurs traitements devraient mieux coller à la vie quotidienne, avec des schémas d’administration plus simples, moins fréquents, et des dispositifs confortables, faciles à utiliser, pour favoriser une bonne tolérance sur la durée. Pour vous, l’enjeu est là : mieux suivre le traitement ne change pas seulement les chiffres, cela change aussi le risque de complications.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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