Soigné avec une technique surtout utilisée chez l’humain, un python du zoo de Chester est aujourd’hui en rémission après une récidive tumorale.
En bref
- Un python est en rémission
- Traitement habituellement humain
- Une première mondiale annoncée
Adapter un traitement anticancer humain à un serpent de 4,5 mètres, ce n’est pas banal. C’est pourtant ce qu’a fait le zoo de Chester, dans le nord de l’Angleterre, pour un python baptisé Jodie Foster, aujourd’hui annoncé en rémission.
Un protocole humain adapté à un cas hors norme
Le cas retient l’attention pour une raison simple. D’après le zoo, ce python est le premier serpent au monde à avoir reçu une électrochimiothérapie, une technique de pointe habituellement utilisée chez l’humain.
Le principe est assez direct. Le traitement associe la bléomycine, un médicament anticancéreux, à de brèves impulsions électriques. Celles-ci rendent les cellules cancéreuses plus perméables au produit. Ce protocole avait déjà été employé chez d’autres animaux, notamment une tortue, mais jamais chez un serpent selon Chester.
Une rechute, puis une rémission annoncée
Le python, âgé de 23 ans et pesant 50 kg, avait déjà été opéré quelques mois plus tôt d’une tumeur cancéreuse. Mais la maladie est revenue. La récidive avait commencé à envahir sa mâchoire, ce qui a conduit l’équipe vétérinaire à tenter cette autre option en octobre 2025.
Vendredi 21 août 2026, le zoo a indiqué que l’animal ne présentait plus aucun signe de cancer. Il s’alimente de nouveau normalement et a retrouvé son comportement habituel, décrit par l’établissement comme vif et fougueux. Pas de promesse générale, donc, mais un résultat concret sur ce cas précis.
Une intervention compliquée par la taille de l’animal
Soigner un tel animal posait aussi des problèmes très matériels. Le serpent a d’abord été anesthésié dans son enclos, avant d’être transporté vers le centre vétérinaire du zoo.
Puis il a fallu improviser. Ian Ashpole, vétérinaire au zoo de Chester, a expliqué qu’il était si grand qu’il avait fallu réunir deux tables d’opération pour en fabriquer une seule, de la taille d’un lit double. L’image dit pas mal de la complexité de l’intervention.
Pourquoi ce cas retient l’attention bien au-delà du zoo
Le dossier ne s’est pas joué en vase clos. L’équipe vétérinaire a travaillé avec des spécialistes du cancer de l’université de Liverpool pour adapter le traitement à la physiologie d’un serpent.
Et il y a ce détail, plus léger. Le python porte le nom de Jodie Foster depuis son arrivée au zoo, il y a 20 ans, lorsque les soigneurs ont vu sur ses papiers les lettres J et F, pour jeune femelle, les mêmes initiales que celles de l’actrice et réalisatrice américaine Jodie Foster. La suite attendue, maintenant, c’est la durée de cette rémission.