Partager un message en dormant, l’étrange promesse testée en labo

Image d'illustration. Gros plan de l écran d ordinateur affichant des motifs d ondes de sommeil et des lectures de donnéesADN
Une expérience de REMSpace affirme qu’un mot a circulé entre deux rêveurs lucides. Le résultat intrigue, mais sa portée reste très limitée.
En bref
- REMSpace dit avoir transmis un mot
- Le rêve lucide est la clé
- La synchronisation cérébrale reste plus solide
Un mot. Pas un rêve entier, pas une image, pas un souvenir. Juste un mot qui aurait circulé d’un dormeur à un autre dans une expérience menée par REMSpace. C’est mince, mais c’est assez pour relancer une vieille fascination, celle d’une communication pendant le sommeil.
Un mot, deux dormeurs, et beaucoup de prudence
D’après REMSpace, l’équipe a d’abord aidé un premier participant à entrer dans un état de rêve lucide grâce à des stimuli externes. Une fois cet état atteint, un mot lui a été transmis via des écouteurs. Le dormeur l’a ensuite répété en dormant, et cette réponse a été enregistrée sur ordinateur.
Huit minutes plus tard, le même message a été diffusé à un second rêveur lucide. Au réveil, ce deuxième participant a confirmé le mot. C’est donc, au sens strict, une forme de transfert d’information entre deux personnes endormies. Mais il faut garder la mesure, quand même. On est très loin d’un partage de rêves complet, encore plus d’une transmission directe de pensées d’un cerveau à l’autre.
Pourquoi le sommeil ordinaire ne suffit pas
Le problème, c’est que dormir ne rend ni très bon orateur, ni très bon auditeur. Les personnes qui parlent en dormant, les somniloques, le font en général sans contrôle conscient, souvent dans un contexte de stress. Ce que l’on entend alors ressemble surtout à des sons confus.
Et écouter pendant le sommeil n’a rien d’évident non plus. Les bruits perçus la nuit perturbent le plus souvent le sommeil et peuvent générer du stress chez le rêveur. Bref, utiliser les sens pour faire passer un message pendant la nuit se heurte à une limite simple, le cerveau endormi filtre mal ce type d’échange.
Le rêve lucide change un peu la donne. Dans cet état rare, la personne sait qu’elle rêve tout en restant endormie. La source précise qu’on peut l’induire avec de l’entraînement et différentes techniques. C’est cette fenêtre très particulière que l’expérience de REMSpace a essayé d’exploiter.
Le vrai partage mental est peut-être ailleurs
Pendant ce temps, d’autres travaux regardent un phénomène moins spectaculaire, mais sans doute plus solide: la synchronisation des ondes cérébrales entre personnes qui agissent ensemble. Des chercheurs l’ont observée avec des hyperscans par EEG, qui mesurent l’activité cérébrale.
Cette synchronisation peut concerner des ondes thêta, alpha ou bêta. Quand elle se produit, souvent autour des ondes bêta, les personnes coopèrent mieux, ressentent davantage d’empathie et semblent même moins sensibles à la douleur. Les équipes synchronisées au niveau neural obtiennent de meilleurs résultats.
Et là, pas besoin d’intelligence artificielle ni de machines qui injecteraient des idées dans le cerveau. Des expériences partagées suffisent: parler, résoudre un problème ensemble, écouter de la musique, danser ou jouer. Ce que cela change pour vous, au fond, est assez simple. Le sommeil n’a peut-être pas encore livré ses messages. Mais le cerveau, éveillé, partage déjà beaucoup plus qu’on ne le croit.
