Pourquoi certaines secondes paraissent durer plus longtemps que d’autres

Participant face à un écran de laboratoire
Image d'illustration. Des images peuvent étirer un instant. — ADN

Notre perception du temps n’est pas fixe. Des travaux menés à George Mason montrent que certaines images peuvent vraiment allonger un instant.

En bref

  • Le temps perçu change selon ce qu’on vit
  • Les images marquantes semblent durer davantage
  • Ce phénomène n’est pas toujours agréable

Une minute reste une minute sur une montre. Pour le cerveau, c’est une autre histoire. C’est tout l’intérêt de travaux menés à George Mason University, aux États-Unis, sur la dilatation du temps, ce phénomène où un instant paraît s’étirer au-delà de sa durée réelle.

Le cerveau ne lit pas l’horloge de façon neutre

On le sent tous, parfois sans y penser. Une journée chargée passe en bloc. À l’inverse, l’attente devant une bouilloire ou un moment pénible paraît interminable. La perception du temps est donc malléable, pas fixe. Et ce point compte, parce qu’il rappelle une chose simple, notre ressenti du temps n’est pas le temps lui-même.

Une enquête citée l’an dernier allait d’ailleurs dans ce sens, avec six personnes sur dix disant manquer de temps dans une journée pour tout faire. Bon, cela dit surtout une pression quotidienne. Mais les neurosciences regardent autre chose, la manière dont le cerveau fabrique cette impression.

Des images marquantes peuvent étirer un instant

Dans leur étude la plus récente, les chercheurs de George Mason University ont testé si certaines images, expériences ou situations augmentent plus facilement cette impression de durée. Leur constat est assez net, plus une image est mémorable, plus on a tendance à croire qu’on l’a regardée longtemps.

Ici, on parle d’abord d’échelle de laboratoire. Des secondes, pas d’une après-midi entière. Mais le mécanisme est intéressant quand même, parce qu’il montre qu’un contenu marquant peut tromper le cerveau sur la durée vécue.

Pourquoi le cerveau ferait ce détour

Le professeur Martin Wiener, qui a dirigé ces recherches, explique que « cela signifie qu’un moment paraît plus long à l’observateur qu’en réalité ». Son hypothèse est assez concrète. Le cerveau pourrait dilater le temps pour capter davantage d’informations quand quelque chose lui semble important.

Il le résume ainsi, le cerveau se dirait en substance que ce qu’il voit compte vraiment, et qu’il vaut mieux ralentir subjectivement l’instant pour en extraire le plus possible. En gros, ce n’est pas un bug. Plutôt une stratégie d’attention.

Bonne nouvelle, mais avec une limite

L’idée de ralentir mentalement le temps a de quoi séduire. Vivre plus dans le moment, étirer les bons passages, qui ne signerait pas. Mais Martin Wiener rappelle aussi que lorsque le temps semble plus long, ce n’est souvent pas une bonne nouvelle.

Il note que ces moments sont souvent liés à l’ennui ou à quelque chose de pénible. D’autres facteurs jouent aussi. Les expériences bruyantes paraissent généralement durer plus longtemps que les moments calmes. Et des images émotionnelles ou effrayantes donnent l’impression d’avoir été vues plus longtemps que des images plus neutres.

Ce que ça change pour vous, clairement, c’est surtout la lecture du phénomène. Si certaines journées filent et si d’autres s’étirent, ce n’est pas qu’une formule. C’est aussi une affaire de cerveau, d’attention et de mémoire.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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