Lupus, Sjögren, thyroïde, plusieurs maladies auto-immunes frappent bien plus les femmes. Les pistes existent, mais l’explication complète manque encore.
En bref
- Les femmes sont bien plus touchées
- Le lupus frappe environ neuf fois plus
- Le diagnostic repose sur plusieurs signes
Quand une maladie est neuf fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, ce n’est pas un détail statistique. Et pourtant, pour les maladies auto-immunes, la science n’a toujours pas bouclé l’explication complète. C’est aussi ce qui complique les choses pour les patients, parce que reconnaître ces maladies reste souvent long.
Un écart net, surtout pour le lupus et la thyroïde
Le tableau est large. D’après le Dr Andrés González García, coordinateur du groupe GEAS de la Sociedad Española de Medicina Interna (SEMI), cette famille comprend notamment les maladies auto-immunes de la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto et la maladie de Graves, mais aussi la polyarthrite rhumatoïde, la maladie cœliaque, le diabète de type 1, la sclérose en plaques, le lupus ou encore la maladie de Sjögren.
Celles qui marquent le plus cet écart femmes-hommes sont le lupus, le syndrome de Sjögren et les atteintes auto-immunes de la thyroïde. Le lupus, par exemple, est environ neuf fois plus fréquent chez les femmes. Mais ce n’est pas une exclusivité féminine. À l’inverse, une exception existe, la maladie liée aux IgG4, plus rare, touche davantage les hommes.
Pourquoi les femmes sont plus touchées, ce que la science sait vraiment
Sur le fond, Andrés González García insiste sur un point, il manque encore la pièce finale du puzzle. Les chercheurs travaillent sur plusieurs pistes, pas sur une cause unique.
On retrouve d’abord les hormones sexuelles, qui peuvent modifier la réponse immunitaire. Il y a aussi la génétique, ainsi que des mécanismes liés au chromosome X, qui porte des gènes impliqués dans la régulation des défenses de l’organisme. Bref, la différence est bien documentée, son origine exacte beaucoup moins.
Pourquoi on a l’impression qu’il y en a de plus en plus
Cette impression n’est pas sortie de nulle part. Les médecins reconnaissent mieux les symptômes et disposent de tests plus performants, ce qui permet d’identifier des cas autrefois passés sous le radar ou diagnostiqués très tard.
Mais pas seulement. Certaines maladies auto-immunes semblent aussi réellement augmenter, même si ce n’est pas vrai pour toutes. Des facteurs environnementaux et des changements d’habitudes de vie sont étudiés. Et comme les traitements progressent et que la survie s’améliore, davantage de personnes vivent longtemps avec ces maladies. Résultat, on voit plus de patients.
Tabac, mode de vie, symptômes: ce qui doit alerter
Le schéma le plus courant associe une prédisposition génétique et d’autres facteurs. Le tabac est l’un des mieux établis, surtout pour certaines formes de polyarthrite rhumatoïde. S’ajoutent parfois des infections, l’exposition professionnelle à la poussière de silice, ou certains médicaments. Le mode de vie entre aussi en jeu, avec la sédentarité, l’obésité et une alimentation de mauvaise qualité.
Côté signes, il n’existe pas un symptôme unique. Les médecins regardent plutôt une combinaison qui dure dans le temps, parfois sur plusieurs organes: gonflement des articulations avec raideur matinale, lésions cutanées aggravées par le soleil, sécheresse persistante des yeux et de la bouche, doigts qui changent de couleur au froid, fatigue intense, fièvre inexpliquée ou perte de poids. Andrés González García le rappelle, « le diagnostic ne se fait pas uniquement avec une prise de sang ». Ce que cela change pour vous? Surtout une chose, des symptômes isolés ne suffisent pas, mais quand ils persistent ou se cumulent, il faut consulter.