Une nouvelle méthode plus efficace pour dépister les cardiopathies chez les femmes

Image d'illustration. CoeurADN
Une récente étude révèle une méthode améliorée pour détecter les maladies cardiaques chez les femmes, offrant ainsi une nouvelle lueur d'espoir dans la lutte contre cette maladie potentiellement mortelle.
Tl;dr
- Les maladies cardiaques sont la principale cause de décès chez les femmes.
- Une étude remet en question les normes de diagnostic de l’hypertrophie cardiaque.
- Une nouvelle approche personnalisée pourrait améliorer la précision du diagnostic.
Les maladies cardiaques chez les femmes : un problème sous-estimé
Il est couramment admis que les maladies cardiaques sont plus fréquentes chez les hommes. Cependant, de récentes recherches révèlent que ces pathologies constituent la principale cause de décès chez les femmes. En réalité, si les hommes sont plus susceptibles de souffrir d’une maladie cardiaque à un âge plus jeune, cette maladie reste une préoccupation majeure pour les deux sexes. Pourtant, les femmes sont plus susceptibles de mourir d’une crise cardiaque que les hommes. En effet, les maladies cardiovasculaires, incluant les crises cardiaques, sont responsables de 35% des décès chez les femmes à l’échelle mondiale.
Un diagnostic inadapté
L’hypertrophie cardiaque (HCM) est une maladie génétique qui affecte environ une personne sur 500. Elle peut entraîner des arythmies cardiaques dangereuses, un arrêt cardiaque soudain, voire la mort. Pendant des années, le diagnostic du HCM s’est basé sur une seule mesure : si la paroi du ventricule gauche mesure 15 millimètres d’épaisseur ou plus, elle est considérée comme anormale. Cependant, cette méthode est de plus en plus critiquée. Une étude récente souligne que cette norme fixe peut laisser de nombreuses personnes non diagnostiquées, en particulier les femmes et les individus de petite taille.
Une approche personnalisée pour une meilleure précision
Pour pallier ce problème, les chercheurs ont développé une approche plus individuelle, basée sur l’intelligence artificielle. Ils ont analysé plus de 5 000 scanners cardiaques d’individus en bonne santé, de différents âges, sexes et tailles. À partir de ces données, ils ont créé une gamme de valeurs normales reflétant les véritables différences de structure cardiaque. Ainsi, au lieu d’un seul chiffre, la nouvelle méthode ajuste le seuil en fonction du profil de chaque personne. Lorsque les chercheurs ont testé cette méthode mise à jour sur 1 600 patients déjà diagnostiqués avec un HCM, ils ont observé une nette amélioration. Chez les femmes, les taux de détection ont augmenté de 20 points de pourcentage.
L’avenir du diagnostic du HCM
Cette recherche pourrait considérablement changer la manière dont les médecins identifient et traitent le HCM dans le monde entier. L’équipe de recherche espère que les cardiologues en Europe et en Amérique du Nord adopteront prochainement ces nouvelles directives. Les seuils personnalisés pourraient devenir la norme, conduisant à des diagnostics plus justes et plus précis.
