Le dépistage de l’ostéoporose commence en général à 65 ans. Avant cet âge, l’intérêt d’un scanner osseux existe surtout dans des cas bien précis.
En bref
- Le dépistage standard commence à 65 ans
- Avant, il vise surtout les femmes à risque
- Prévention et exercice restent centraux
La densité osseuse ne chute pas brutalement à 30 ou 40 ans chez la plupart des femmes. Le tournant, c’est plutôt la périménopause tardive, puis les années qui suivent la dernière menstruation, quand la baisse des estrogènes accélère nettement la perte osseuse.
La perte osseuse ne démarre pas au même rythme pour toutes
Selon la docteure Rachel Pessah-Pollack, endocrinologue à NYU Langone, les femmes atteignent leur pic de masse osseuse vers la fin de la vingtaine. Chez certaines, surtout en cas d’antécédents familiaux d’ostéoporose ou d’indice de masse corporelle bas, la baisse peut commencer plus tôt. Mais, pour la majorité, la situation reste assez stable jusqu’au milieu de la quarantaine.
Ensuite, le rythme change. La perte osseuse s’accélère surtout un à deux ans après les dernières règles, souvent entre 45 et 55 ans, puis continue plus lentement. La professeure Deborah Sellmeyer, de l’Université Stanford, ajoute d’autres facteurs possibles, comme les stéroïdes, une alimentation insuffisante, une mauvaise absorption des nutriments, la perte musculaire, ou des changements liés au rein et au métabolisme du calcium et de la vitamine D.
Le DEXA mesure l’os, mais pas l’utilité de le faire trop tôt
L’examen de référence s’appelle le DEXA, pour absorptiométrie biphotonique à rayons X. C’est rapide, indolore, et la dose de rayons X est faible. L’appareil mesure la quantité de calcium et d’autres minéraux dans l’os, le plus souvent à la hanche et à la colonne, parfois à l’avant-bras.
Le résultat donne notamment un T-score, comparé à celui d’un adulte jeune en bonne santé, et un Z-score, comparé à des personnes du même âge et du même sexe, rappelle le Centers for Disease Control and Prevention. Aux États-Unis, le U.
S. Preventive Services Task Force recommande un dépistage systématique à partir de 65 ans chez les femmes au risque moyen, plus tôt si le risque est élevé.
Avant 65 ans, le vrai enjeu est de savoir si vous êtes à risque
Chez une femme jeune, avant la ménopause, l’intérêt du DEXA reste en général limité. Le risque de fracture est faible, donc mesurer la densité osseuse n’apporte pas grand-chose, sauf s’il existe des signes de fragilité osseuse. Par exemple, une prise de prednisone, des traitements qui suppriment les estrogènes, des fractures après choc minime, des troubles des règles, un trouble alimentaire ou une maladie cœliaque.
Il peut y avoir une fenêtre plus intéressante en fin de périménopause ou juste après la ménopause. Mais Deborah Sellmeyer précise qu’on manque encore de grandes études avec suivi prolongé pour prouver que cette stratégie améliore vraiment les résultats. Et il y a le coût. D’après Rachel Pessah-Pollack, l’assurance ne prend généralement pas l’examen en charge avant 65 ans sans justification médicale, parfois avec lettre de nécessité. Sans couverture, la facture peut grimper à quelques centaines de dollars.
Il vaut mieux souvent investir dans la prévention
Bon, pour beaucoup de femmes à faible risque, le plus utile est ailleurs. Deborah Sellmeyer résume l’idée ainsi, « Une bonne santé osseuse est un effort de toute une vie ». Même logique chez Rachel Pessah-Pollack, qui recommande 1 000 mg de calcium par jour entre 19 et 50 ans, puis 1 200 mg après 50 ans, de préférence via l’alimentation.
L’autre levier, c’est le quotidien. Assez de vitamine D et de protéines, pas de tabac, peu d’alcool, de l’exercice, surtout aérobie et en résistance après la ménopause, avec du travail d’équilibre pour limiter les chutes. Clairement, c’est moins spectaculaire qu’un van médical devant chez soi. Mais c’est ce qui compte le plus.