L’Union européenne autorise Ocrevus dès 10 ans dans les formes récurrentes. Un feu vert qui change l’arsenal thérapeutique pédiatrique.
En bref
- Ocrevus autorisé dès 10 ans en Europe
- 48% de risque de poussées en moins
- Une option très attendue en pédiatrie
Une poussée de sclérose en plaques évitée, chez un enfant, ce n’est pas seulement un chiffre sur un graphique. C’est parfois une hospitalisation en moins, des jours d’école sauvés, un quotidien un peu moins cabossé. C’est dans ce contexte que l’Europe vient d’élargir l’accès à Ocrevus.
Une autorisation qui comble un vrai vide
La Commission européenne a approuvé Ocrevus (ocrelizumab), en perfusion intraveineuse, pour les patients pédiatriques à partir de 10 ans atteints de formes récurrentes de sclérose en plaques. Pour Roche, cette décision répond à une lacune ancienne en Europe.
Le laboratoire précise aussi un point important, Ocrevus est à ce stade la seule option thérapeutique anti-CD20 de haute efficacité disponible pour les personnes touchées par la maladie dès cet âge. Ce n’est pas un détail, parce que l’offre en neurologie pédiatrique reste souvent plus étroite qu’en médecine adulte.
Des résultats meilleurs que le traitement de référence
Le feu vert européen repose sur l’essai de phase III Operetta 2. L’étude a comparé Ocrevus à fingolimod, présenté comme le traitement standard actuel dans la SEP pédiatrique.
Sur le contrôle des poussées, Roche indique que son médicament n’était pas inférieur à fingolimod, tout en réduisant de 48% le risque de brotes, autrement dit de poussées, par rapport à ce comparateur. Et ce n’est pas tout. L’inflammation cérébrale a aussi davantage reculé, avec 48% de réduction pour les nouvelles lésions T2 ou celles qui augmentaient de taille, et 87% pour les lésions T1 actives rehaussées au gadolinium.
Côté sécurité, le profil observé chez les enfants et adolescents est décrit comme cohérent avec celui déjà connu chez l’adulte. Aucun patient n’a arrêté le traitement à cause d’effets indésirables.
Pourquoi cela compte au quotidien pour les plus jeunes
Pour Brenda Banwell, cheffe de pédiatrie à Johns Hopkins Medicine et codirectrice du Johns Hopkins Children’s Center, la maladie s’accompagne de poussées imprévisibles qui peuvent nécessiter une hospitalisation et des traitements en urgence. Derrière, on retrouve des cours manqués et une vie sociale perturbée.
Elle estime que l’extension d’un traitement déjà efficace chez l’adulte aux plus jeunes représente une avancée importante pour freiner tôt l’activité de la maladie, avec l’objectif de préserver la santé physique et cognitive.
Une décision européenne dans un contexte plus large
Le besoin est loin d’être marginal. Environ 40 000 enfants et adolescents vivent avec une sclérose en plaques dans le monde, selon les chiffres avancés, et près d’un tiers se trouvent en Europe.
Autre repère utile, la FDA américaine avait déjà approuvé Ocrevus en mai pour les patients pédiatriques atteints de formes récurrentes. Pour les familles concernées en Europe, cette décision rend surtout une chose plus concrète, l’accès plus précoce à un traitement de haute efficacité.