Sexsomnie : Un homme accusé de viol invoque ce rare trouble du sommeil en défense
Un trentenaire de Moselle, accusé d'avoir violé son ex-petite amie et une autre femme, a prétendu être victime d'un complot et souffrir de somnambulisme sexuel, deux arguments qui n'ont pas su convaincre les juges. Existe-t-il réellement une telle pathologie ?
Tl;dr
- Un homme dans la trentaine est accusé de viol par deux femmes.
- Il invoque la sexomnie, un trouble du sommeil qui provoque des comportements sexuels inconscients.
- Ses explications n’ont pas convaincu les juges et le procès est en cours.
- La sexomnie est un trouble rare, touchant 8% des personnes atteintes de troubles du sommeil.
Accusé de viol, un trentenaire invoque la sexomnie
Yusuf V., un homme d’origine mosellane, est sous le feu des projecteurs. Il est accusé de viol sur deux femmes, dont son ex-petite amie. Sa défense ? Un complot et une maladie peu connue : la sexomnie.
Qu’est-ce que la sexomnie ?
La sexomnie, aussi connue sous le nom de « somnambulisme sexuel », est un trouble du sommeil. Les personnes atteintes manifestent une « envie obsessionnelle et inconsciente de sexe en dormant ». Ce comportement peut se manifester par une érection, des mouvements du bassin, des tentatives de pénétration ou de masturbation frénétique.
Les résultats d’une étude canadienne réalisée en 2010 indiquent que 8% des personnes atteintes de troubles du sommeil souffrent de sexomnie, avec une incidence plus élevée chez les hommes (11%) que chez les femmes (4%). La sexomnie peut avoir des conséquences extrêmes, poussant parfois le patient à s’en prendre à son ou sa partenaire.
Une défense qui ne convainc pas
Dans le cas de Yusuf V., l’accusé a plaidé la sexomnie après que des traces de son ADN ont été trouvées sur les sous-vêtements de l’une des plaignantes. Il soutient avoir eu des rapports sexuels « de façon inconsciente », pendant son sommeil. Cependant, cette défense n’a pas convaincu le juge d’instruction.
Par ailleurs, Yusuf V. nie également les accusations de son ex-petite amie, qu’il décrit comme « très possessive », et invoque un « complot » contre lui. Le procès est en cours et l’audience devra trancher sur la véracité des faits et des justifications de l’accusé.
L’avis de la rédaction
Si la sexomnie est un trouble du sommeil réel et potentiellement dévastateur, il est crucial de ne pas l’utiliser comme une porte de sortie pour des actes criminels. Les répercussions de tels actes sont trop graves pour être minimisées par une maladie, aussi rare soit-elle.
