Près d’un patient sur deux rechute en sept ans après un vertige positionnel bénin. Ce retour n’indique pas forcément un échec du traitement.
En bref
- 47,1% rechutent en sept ans
- Une rechute n’implique pas un traitement raté
- Le malaise résiduel augmente le risque de chute
Presque un patient sur deux traité pour un vertige positionnel paroxystique bénin connaît au moins une récidive sur le long terme. C’est le signal fort mis en avant pendant la Semaine internationale de sensibilisation aux troubles de l’équilibre, organisée jusqu’au 19 septembre.
Presque un patient sur deux rechute avec le temps
Pour Juan Manuel Espinosa, président de la Commission d’otoneurologie de la SEORL-CCC, le retour du trouble ne signifie pas forcément que la prise en charge précédente a échoué. L’explication est mécanique: les otoconies, de petites particules de carbonate de calcium, peuvent à nouveau se détacher et provoquer un nouvel épisode.
Ce scénario est déjà bien décrit. Une revue publiée en 2024 a relevé des taux de récidive allant de 13,7% à 23% quand le suivi restait inférieur à un an, puis de 13,3% à 65% quand il atteignait au moins deux ans.
Le vertige vient de l’oreille interne, pas des cervicales
Ce vertige apparaît lors de changements de position de la tête. Se tourner dans le lit, se coucher, se relever, se pencher ou regarder vers le haut peuvent déclencher brutalement une impression de rotation de soi-même ou de l’environnement.
L’origine se situe dans l’oreille interne. Les particules entrent dans un canal semi-circulaire, impliqué dans l’équilibre, puis leur déplacement envoie une information de mouvement anormale. Beaucoup de patients pensent d’abord aux cervicales, parce que le symptôme survient quand la tête tourne. Mais ce n’est pas le cou qui crée le trouble.
Le vrai point de vigilance, c’est le malaise qui persiste
Une étude menée par le service ORL de l’Hospital Universitario de Getafe, avec l’Universidad Europea de Madrid, et publiée dans Otolaryngology-Head and Neck Surgery, a suivi 361 patients pendant sept ans. Résultat, 47,1% ont eu au moins une récidive.
Et ce n’est pas tout. 37,6% présentaient un malaise résiduel et 18,9% avaient subi au moins une chute. Surtout, les patients avec ce malaise persistant avaient un risque de chute multiplié par 5,7. Le fait d’avoir eu besoin de plusieurs manœuvres de repositionnement lors du premier épisode était aussi associé à une probabilité plus élevée de rechute.
Diagnostic et traitement reposent surtout sur des manœuvres
Le diagnostic se fait principalement par des manœuvres physiques. Le praticien modifie de façon contrôlée la position de la tête et observe la survenue du vertige ainsi qu’un mouvement involontaire rythmé des yeux, le nystagmus.
Le traitement suit la même logique, avec des manœuvres de repositionnement destinées à faire sortir les particules du canal atteint pour les ramener vers une zone où elles ne déclenchent plus de vertige. La SEORL-CCC dispose d’un guide clinique spécifique. Mais Juan Manuel Espinosa rappelle aussi qu’un vertige peut avoir d’autres causes, y compris vestibulaires ou neurologiques, d’où l’intérêt d’un diagnostic différentiel par un oto-rhino-laryngologiste.
La vitamine D fait partie des pistes étudiées
Dernier point, plus exploratoire. Une méta-analyse publiée en 2025 dans Frontiers in Neurology, rassemblant 60 études et 16.368 participants, a trouvé des niveaux de vitamine D plus faibles chez les personnes touchées, particulièrement en cas d’épisodes répétés. Bon, cela n’établit pas à lui seul une cause. Mais pour le lecteur, l’idée utile est simple: une récidive est fréquente, et elle mérite d’être réévaluée, surtout si l’instabilité dure.