VIH chez les ados, les injections font mieux que les comprimés en Afrique

Vih sida
Image d'illustration. Vih sida — ADN

Un essai mené dans quatre pays africains montre qu’une injection anti-VIH tous les deux mois contrôle mieux le virus chez les adolescents qu’un comprimé quotidien.

En bref

  • Les injections ont mieux contrôlé le VIH.
  • L’essai a suivi 476 adolescents africains.
  • L’accès reste limité par le coût.

Environ 1,6 million d’adolescents de 10 à 19 ans vivent avec le VIH. Et dans cette tranche d’âge, tenir un traitement tous les jours n’a rien d’abstrait. C’est là que l’essai LATA, publié dans The Lancet et conduit par des chercheurs de l’UCL, change un peu la donne.

Un test grandeur nature chez des adolescents déjà stabilisés

L’étude a été menée dans cinq cliniques au Kenya, en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe. Au total, 476 adolescents de 12 à 19 ans ont été répartis au hasard entre le traitement standard, un comprimé quotidien, et une forme injectable à longue durée d’action associant cabotégravir et rilpivirine.

Point important, ces jeunes n’étaient pas en échec thérapeutique. Ils prenaient déjà des comprimés depuis plus d’un an, avec un virus devenu indétectable. Presque tous vivaient avec le VIH depuis la naissance.

Des injections toutes les huit semaines, avec un meilleur contrôle

Après plus de deux ans de suivi, l’écart est net. Dans le groupe injections, 2 adolescents, soit 1%, ont eu un rebond viral confirmé. Dans le groupe comprimés, ils étaient 15, soit 6%.

Ce rebond viral correspond à une remontée de la charge virale dans le sang, mesurée deux fois à au moins sept jours d’intervalle. Ce n’est pas un détail technique. À long terme, cela peut peser sur la santé, augmenter le nombre de cellules infectées en latence et, dans certains cas, favoriser la transmission à un partenaire ou à un enfant.

Pourquoi l’écart peut compter davantage chez les jeunes

La professeure Sarah Pett, de l’UCL, rappelle que les adolescents ont historiquement de moins bons résultats avec les antirétroviraux que les adultes. Elle met en cause le poids du harcèlement et de la stigmatisation liés à la prise quotidienne de comprimés, et estime que des injections tous les deux mois peuvent aider ces jeunes à vivre plus normalement.

Le ressenti des participants va dans le même sens. Dans le groupe injectable, 94% ont jugé les injections toutes les huit semaines bien plus faciles que la prise quotidienne. Clairement, l’observance reste le nerf de la guerre.

Le vrai verrou reste l’accès en Afrique

Mais l’efficacité ne règle pas tout. Les injectables coûtent plus cher que les comprimés standards, car ils sont encore sous brevet et plus complexes à fabriquer. La rilpivirine doit aussi être conservée au froid, et il faut du personnel infirmier formé pour administrer une injection toutes les huit semaines, là où les rendez-vous sous comprimés peuvent être espacés de trois à six mois.

Aujourd’hui, ces traitements peuvent être prescrits aux adolescents de 12 ans et plus aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays à hauts revenus. En Afrique, sauf dans quelques cliniques, ils restent hors de portée. L’OMS les recommande déjà comme option alternative chez les adultes et les adolescents dont le virus est contrôlé et qui n’ont pas d’hépatite B active. Les résultats de LATA pourraient peser dans ce débat. Pour les familles concernées, l’enjeu est simple, avoir accès au traitement qui marche le mieux, pas seulement à celui qui existe déjà.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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