Les salariés des entreprises « en crise » sont « surexposés à plusieurs risques psychosociaux » et « plus nombreux à avoir une santé mentale fragilisée », souligne mercredi une étude du ministère du Travail.
Dans ces entreprises connaissant une baisse d’activité, 11% des salariés évoquent un risque dépressif contre 8% dans les entreprises « stables », « soit un risque supplémentaire de 31% une fois neutralisées diverses variables (sexe, âge, ancienneté, statut, secteur…), indique la Dares (direction statistique du ministère).
Environ 37% des salariés des entreprises « en crise » pensent également que leur travail est « mauvais » pour leur santé, contre 30% des employés des établissements n’ayant pas connu de grande fluctuation d’activité dans l’année ou de restructuration dans les trois ans précédents.
Cette étude distingue les salariés selon cinq profils d’établissements : ceux en situation économique « stable » (31% des cas), les « flexibles » ayant connu des hausses et baisses successives d’activité (35%), les établissements « restructurés » au cours des trois dernières années (14%), les entreprises « en crise » (13%) qui ont pris des mesures de réduction du temps de travail et/ou des effectifs pour faire face à une baisse d’activité et enfin celles « en croissance » (7%).
Elle évalue et compare ensuite l’intensité des risques psychosociaux d’un profil à l’autre au regard de divers facteurs (exigences du travail, émotionnelles, autonomie, relations de travail, conflits de valeurs et insécurité économique).
Dans les établissements « en crise », les salariés expriment logiquement un plus fort sentiment d’insécurité économique: 42% ont ainsi des « craintes pour l’emploi », contre 19% dans les entreprises dites « stables » et près de 30% dans les « flexibles » et « restructurées », relève l’enquête. Ces salariés rapportent aussi plus fréquemment être souvent en désaccord avec leur supérieur.
Si l’intensité ressentie du travail est plus forte dans ces entreprises « en crise » que dans les entreprises « stables », le sentiment de travailler souvent « sous pression » est également à un haut niveau dans les établissements « en croissance » et « restructurés », selon l’enquête.
Lorsque les employeurs sont interrogés, les problèmes de tensions avec la hiérarchie sont plus fréquemment évoqués par les dirigeants des entreprises « en croissance » alors que les salariés des établissements « en crise » les rapportaient plus souvent.
Cette étude analyse les réponses fournies par plus de 6.700 salariés employés dans environ 5.700 établissements privés, dans le cadre de l’enquête Conditions de travail 2013.
