Pourquoi les femmes développent-elles plus souvent des oignons ? Causes, facteurs de risque et prévention

Image d'illustration. Pieds jambes massageADN
Les oignons touchent davantage les femmes que les hommes, en raison de plusieurs facteurs anatomiques et comportementaux. Comprendre leurs causes, repérer les risques associés et adopter des mesures préventives permet de limiter l’apparition de ces déformations du pied.
Tl;dr
- Les oignons touchent jusqu’à 23 % des adultes.
- Femmes plus exposées à cause de l’anatomie et des chaussures.
- Non traités, ils entraînent douleurs et déformations du pied.
Des chiffres frappants sur une déformation fréquente
On estime aujourd’hui que près de 23 % des adultes sont concernés par les oignons, ou « hallux valgus » selon le terme médical. Ce chiffre grimpe même jusqu’à une personne sur trois dans certaines études. Si tout le monde peut en souffrir, la disproportion chez les femmes est saisissante : elles représentent environ 85 % des interventions chirurgicales liées à cette affection, étant entre deux et dix fois plus touchées que les hommes.
L’oignon : comprendre l’origine du problème
Mais concrètement, qu’est-ce qu’un oignon ? Il s’agit d’une déformation osseuse à la base du gros orteil : le premier métatarsien part vers l’extérieur tandis que le gros orteil se rapproche du second, élargissant l’avant-pied et créant une bosse rouge, souvent douloureuse. Sur le long terme, des complications telles que la bursite ou l’arthrite peuvent apparaître.
La genèse de ce phénomène reste floue. Les chercheurs évoquent plusieurs causes potentielles :
- Prédisposition héréditaire
- Lésions ou stress répétés sur les pieds
- Anomalies congénitales
S’y ajoutent les débats autour des chaussures : certains spécialistes incriminent les modèles serrés ou à talons hauts – qui accentueraient la pression et la déviation –, d’autres estiment que ces choix n’aggraveraient qu’une tendance préexistante. Les pathologies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde entrent également en jeu.
Pourquoi les femmes paient-elles un tribut si lourd ?
Plusieurs explications émergent. D’abord, le port fréquent de chaussures à talons hauts ou bouts pointus, qui compriment et déplacent l’articulation. Ensuite, une question d’anatomie : tissus conjonctifs plus souples, pieds étroits, articulation du gros orteil plus mobile… autant de facteurs propres à la morphologie féminine qui favorisent le désalignement. Les hormones – notamment durant grossesse ou ménopause – jouent aussi sur la souplesse ligamentaire et la stabilité articulaire. Sans oublier l’hérédité : un schéma familial ou une démarche particulière (pied plat par exemple) multiplie les risques.
Mieux vaut prévenir que guérir : conséquences si rien n’est fait
Ignorer un oignon non traité, c’est s’exposer progressivement à :
- Douleurs chroniques et difficulté à marcher
- D’autres déformations comme l’orteil en marteau ou l’arthrite
- L’impossibilité de trouver des chaussures confortables adaptées
Au-delà du simple inconfort esthétique, c’est bien la mobilité au quotidien qui finit par être compromise – avec toutes les implications sociales et professionnelles qu’on imagine.
