Un nouvel espoir pour prévenir la rechute fréquente du cancer du sein

Image d'illustration. Ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du seinADN
Le cancer du sein présente un risque élevé de récidive après traitement, compliquant la vie des patientes. Toutefois, de récentes avancées scientifiques offrent l’espoir d’une nouvelle stratégie pour prévenir efficacement le retour de la maladie.
Tl;dr
- Nouvelle approche cible les cellules tumorales dormantes.
- Combinaison de deux médicaments élimine 87% des DTCs.
- Résultats prometteurs pour prévenir la récidive du cancer du sein.
L’espoir renaît dans la lutte contre la récidive du cancer du sein
Pour des milliers de survivantes, l’angoisse d’une rechute plane longtemps après la fin des traitements. Malgré les progrès, environ 30 % des patientes voient leur cancer du sein réapparaître, un phénomène qui contribue chaque année à près de 685 000 décès dans le monde. Jusqu’ici, le suivi post-thérapeutique reposait principalement sur une surveillance attentive, sans qu’il existe de solution efficace pour empêcher réellement la résurgence de la maladie.
Des cellules dormantes enfin ciblées
Une équipe de chercheurs de l’University of Pennsylvania a récemment publié des résultats porteurs d’espoir. Leur étude s’est focalisée sur les cellules tumorales dormantes (DTCs), tapies dans la moelle osseuse ou d’autres parties du corps bien après l’apparente disparition du cancer. Longtemps négligées faute de preuves tangibles quant à leur rôle, ces cellules « endormies » se sont révélées être la clé des récidives.
« Jusqu’à présent, on ne savait pas quand ou si le cancer reviendrait — c’est précisément ce problème que nous voulions résoudre », explique l’oncologue médicale Angela DeMichele. L’idée novatrice : ne plus attendre une éventuelle rechute, mais intervenir en amont pour éliminer ces cellules silencieuses.
Médicaments combinés : efficacité remarquable
Les scientifiques ont testé plusieurs pistes déjà connues : l’hydroxychloroquine, couramment prescrite contre certaines maladies auto-immunes, et l’everolimus, un médicament anticancéreux existant. Administrés séparément à 51 personnes ayant survécu à un cancer du sein et présentant encore des DTCs, ces traitements ont permis d’éliminer jusqu’à 80 % des cellules dormantes. Mais c’est en combinant les deux molécules que l’effet a été le plus spectaculaire : jusqu’à 87 % des DTCs éradiquées.
Dans ce groupe recevant la double thérapie, aucun cas de récidive n’a été observé après trois ans. Ceux traités avec un seul médicament affichaient tout de même un taux de survie impressionnant de 92 à 93 %. Ces résultats ont d’ailleurs été confirmés par des essais préalables chez la souris.
Des perspectives à surveiller
Selon le biologiste du cancer Lewis Chodosh, cette stratégie offre une perspective inédite : « Certaines molécules inopérantes face aux tumeurs actives se montrent redoutables contre les cellules dormantes ». Il apparaît donc que la biologie des DTCs diffère fondamentalement de celle des cellules cancéreuses classiques.
Seule une partie des patients présente ces fameuses DTCs après traitement — il reste donc à identifier au mieux ceux qui pourraient bénéficier d’une telle approche. Les prochaines étapes consisteront à étendre les essais cliniques à plus grande échelle et à explorer d’autres associations thérapeutiques ou dosages. En attendant, ce travail pourrait bien changer durablement le pronostic du cancer du sein.
