Perte de mémoire, impulsivité, attention plus fragile, humeur basse: pour le docteur Daniel Amen, ces signes peuvent apparaître des années avant Alzheimer.
En bref
- Alzheimer peut commencer des décennies plus tôt
- Quatre signes précoces sont mis en avant
- La mémoire reste l’alerte la plus fréquente
Pour Daniel Amen, installé en Californie et à la tête de plusieurs cliniques aux États-Unis, la maladie d’Alzheimer ne débute pas au moment où les oublis deviennent évidents. Elle commencerait dans le cerveau des décennies plus tôt. Ce point compte, parce qu’un repérage précoce permet en général une meilleure prise en charge du processus dégénératif.
En Espagne, environ 900.000 personnes vivent avec une forme de démence. Et, dans cet ensemble, la maladie d’Alzheimer représente entre 60% et 70% des cas.
Le cerveau change avant que tout se voie
Ce que décrit Daniel Amen, c’est une maladie qui avance bas bruit. Il explique que, bien avant les symptômes les plus connus, certaines fonctions peuvent déjà se modifier. Bon, cela ne veut pas dire qu’un signe isolé suffit à poser un diagnostic, mais son message est clair: il faut regarder ces changements plus tôt, pas seulement quand la confusion s’installe.
La mémoire, premier signal selon le médecin
Le signe qu’il place en tête, et aussi le plus fréquent selon lui, c’est une mémoire qui se dégrade progressivement. Dans des propos rapportés par le Daily Mail, il affirme que « la maladie commence en réalité dans le cerveau des décennies avant l’apparition des symptômes ».
Il ajoute un chiffre frappant: 80% des personnes qui estiment que leur mémoire est moins bonne qu’il y a dix ans ont, selon lui, 80% de chances de la voir continuer à se détériorer. Quand la maladie progresse, dit-il, la confusion augmente et des changements de comportement peuvent apparaître.
Quand le jugement se dérègle
Autre alerte évoquée par Daniel Amen, le manque de jugement et l’impulsivité. Il relie cela aux lobes frontaux, situés juste derrière le front, qui jouent un rôle central dans le comportement et les émotions. Selon lui, leur activité baisse avec la maladie, comme si le cerveau se débranchait en partie.
Ce tableau resterait rare au début. Environ 1 personne sur 50 atteinte d’Alzheimer découvrirait une atteinte précoce des lobes frontaux. Dans ce cas, on parle de variante frontale de la maladie.
Attention plus courte, humeur plus basse
Le troisième signe cité touche l’attention. Une personne peut se distraire plus facilement et voir sa capacité de concentration raccourcir. Daniel Amen précise que ce n’est pas le même profil qu’un TDAH présent depuis toujours, mais quelque chose qui semble s’accélérer.
Enfin, il mentionne une humeur basse. Vivre avec une démence peut entraîner une profonde tristesse, voire un sentiment de désespoir. Et la maladie elle-même peut aussi endommager des zones du cerveau impliquées dans les émotions et le comportement. Résultat, pour le grand public, l’enjeu est simple: ces signaux ne doivent pas être banalisés s’ils s’installent dans le temps.