Trois jours après son accouchement, une Éthiopienne a développé une occlusion intestinale hors norme. Le diagnostic n’a été posé qu’au bloc.
En bref
- Une jeune mère a fait une occlusion rarissime
- Le nœud intestinal a été vu au bloc
- Une chirurgie rapide lui a sauvé la vie
Trois jours après avoir accouché sans complication, une femme de 30 ans était déjà en urgence vitale. C’est ce basculement brutal qui frappe dans ce cas décrit dans le World Journal of Obstetrics and Gynecology.
Cette patiente, soignée à l’hôpital universitaire de Gondar en Éthiopie, avait donné naissance par voie basse à un garçon en bonne santé. Ensuite, son état s’est aggravé régulièrement. Elle ne parvenait plus à évacuer ni selles ni gaz, ses crampes abdominales sont devenues intenses, son ventre a gonflé, puis les vomissements, d’abord répétés, sont devenus bilieux.
Trois jours pour basculer dans l’urgence vitale
En arrivant à l’hôpital le troisième jour après l’accouchement, elle était dans un état critique. Sa tension artérielle n’était même pas mesurable, aucun pouls périphérique n’était perçu, et son pouls au cou atteignait 160 battements par minute. Les médecins ont aussi constaté une déshydratation sévère.
Ils ont posé deux perfusions et administré quatre litres de sérum salé. Sa tension est remontée à 95/65 mmHg, tandis que son pouls au poignet redescendait à 112. Pas de quoi traîner.
Le nœud n’a été découvert qu’en ouvrant l’abdomen
La radiographie abdominale montrait bien des anses intestinales dilatées, donc une occlusion intestinale, mais pas sa cause exacte. Un scanner aurait pu aider, sauf que celui de l’hôpital ne fonctionnait pas. Les chirurgiens sont donc partis au bloc en urgence.
C’est là que le problème est apparu. Une portion d’intestin grêle s’était enroulée autour de la partie basse du gros intestin, formant un véritable nœud. Ce serrage bloquait le transit et coupait l’apport sanguin. Résultat ? Environ 60 centimètres d’intestin grêle et la partie coincée du côlon étaient déjà morts. Les chirurgiens ont aussi retrouvé environ trois litres de liquide sanglant dans l’abdomen.
Pourquoi ce type d’occlusion est si redouté
Ce genre de nœud entre intestin grêle et côlon est extrêmement rare, mais il est redoutable. Quand le sang n’arrive plus, la paroi intestinale meurt. Ensuite, des bactéries et des substances nocives peuvent passer dans l’organisme, avec un risque de septicémie et de collapsus circulatoire.
Les médecins ont retiré en un seul bloc les segments nécrosés. Ils ont reconnecté le côlon restant et dérivé temporairement l’extrémité de l’intestin grêle vers une ouverture abdominale, avec une poche externe. Malgré la gravité de la situation, la patiente est sortie six jours plus tard. Une seconde opération a permis de refermer cette ouverture, et le suivi n’a retrouvé aucune complication.
Une complication exceptionnelle, avec des facteurs encore incertains
Les auteurs pensent qu’il faut souvent plusieurs conditions anatomiques pour qu’un tel nœud se forme, notamment un intestin grêle très mobile et une partie basse du côlon longue, fixée sur une base étroite. Ces caractéristiques étaient présentes ici.
Le post-partum immédiat et le régime riche en fibres fréquent dans le nord de l’Éthiopie ont été retenus comme facteurs possibles. Mais un cas isolé ne permet pas de dire que l’accouchement ou l’alimentation ont causé directement l’accident. D’ailleurs, près de 80 % des cas rapportés concernent des hommes. Les auteurs n’ont retrouvé qu’une quinzaine de cas pendant la grossesse entre 1967 et 2025, et encore moins après la naissance.
Ce que ça change pour vous est assez simple. Des douleurs abdominales après un accouchement ne signifient pas qu’un tel nœud est en train de se former. En revanche, si la douleur s’aggrave avec ventre gonflé, vomissements répétés et impossibilité d’émettre selles ou gaz, il ne faut pas banaliser ces signes. Les taux de mortalité rapportés vont de 2 à 55 %, surtout en cas de choc, de retard de prise en charge ou de nécrose étendue.