Cancer de l’endomètre, un essai relance l’après-immunothérapie

Oncologue devant un écran en consultation
Image d'illustration. Un essai relance l’après-immunothérapie. — ADN

Chez des patientes en impasse thérapeutique, un traitement expérimental a mieux fait que la chimiothérapie standard sur la progression et la survie.

En bref

  • Risque de décès réduit de 32 %
  • Progression du cancer réduite de 41 %
  • Effets secondaires jugés gérables

Le chiffre n’a rien d’anecdotique. Chez des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre avancé ou revenu après traitement, un médicament expérimental a réduit de 32 % le risque de décès par rapport à une chimiothérapie classique.

Un signal fort sur la survie

L’essai de phase 3 a comparé le sacituzumab tirumotécan, aussi appelé sac-TMT, à une chimiothérapie standard chez des patientes déjà traitées par chimiothérapie et par immunothérapie. Toutes avaient reçu auparavant du pembrolizumab (Keytruda), un inhibiteur de PD-1 qui aide le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses.

Avec un suivi médian de 14 mois, 386 femmes ont reçu le sac-TMT et 390 la chimiothérapie conventionnelle. Résultat, le risque de progression de la maladie a été réduit de 41 % dans le groupe sac-TMT. Point important, quand même, ce 32 % sur la mortalité correspond à une réduction relative du risque entre les deux groupes pendant la période étudiée. Pas à 32 % de vies « sauvées » au sens brut.

Pourquoi ce médicament ne ressemble pas à une chimiothérapie classique

Le principe est plus ciblé. Le sac-TMT appartient à une génération de traitements conçus pour acheminer la molécule directement vers la tumeur. Il se fixe sur Trop-2, une protéine très présente à la surface des cellules du cancer de l’endomètre, puis y délivre un composé destiné à provoquer leur mort.

Sur le papier, l’intérêt est clair, frapper davantage la cellule tumorale elle-même. En oncologie, ce n’est jamais une promesse magique, mais la logique biologique tient bien.

Des réponses tumorales plus fréquentes, avec des effets à surveiller

Autre donnée utile, la tumeur a plus souvent répondu au traitement. Une réponse, ici, signifie par exemple une diminution de sa taille. Elle a été observée chez 35,1 % des patientes sous sac-TMT, contre 17,3 % avec la chimiothérapie classique. En gros, le taux de réponse a plus que doublé.

Côté tolérance, les effets indésirables les plus fréquents ont été l’anémie, la neutropénie, l’inflammation de la bouche, ainsi qu’une sécheresse ou des démangeaisons oculaires. Les chercheurs les décrivent comme gérables.

Un essai mondial qui pourrait faire bouger la pratique

Ce n’est pas un petit signal isolé. L’étude TroFuse-005/ENGOT-en23/GOG-3095 a impliqué 242 hôpitaux dans 31 pays, avec des centres en Espagne. Les résultats ont été présentés au congrès de l’ESMO, à Madrid, et publiés en même temps dans The Lancet.

Pour Bhavana Pothuri, oncologue gynécologue à NYU Langone Health et investigatrice principale, ces données soutiennent l’idée que le sac-TMT puisse devenir « une nouvelle option de référence pour le cancer de l’endomètre récidivant après l’immunothérapie ». Pour les patientes concernées, l’enjeu est concret, il existe peut-être enfin une vraie alternative quand les options se raréfient.

Germain Montor

Spécialiste Santé

Rédacteur web spécialisé dans l’univers de la santé et du bien-être

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