Canicule : 700 décès « indirects » liés aux grandes chaleurs
La canicule du début de l’été a entraîné 700 décès supplémentaires, une « surmortalité limitée » comparée à l’épisode très meurtrier de 2003, et le système de santé, « fortement sollicité », a bien résisté, selon la ministre de la Santé, Marisol Touraine.
Les décès « indirects » liés aux grandes chaleurs
Selon ce premier décompte annoncé jeudi et réalisé par l’Institut de veille sanitaire (InVS), le nombre des décès enregistrés durant l’épisode caniculaire, du 29 juin et 5 juillet, a augmenté de 7% par rapport à la normale (à savoir la moyenne des décès en cette même période de l’année et sans canicule).
« Ces premières données confirment une surmortalité limitée » par rapport aux précédents épisodes de canicule, a souligné la ministre lors d’une conférence de presse. Ainsi la canicule de 2003, du 4 au 18 août, s’était traduite par 15.000 décès supplémentaires (55% de plus par rapport à la moyenne des décès à cette période, hors canicule), a-t-elle rappelé.
Ce premier décompte inclut aussi, comme c’est l’habitude, les décès « indirects » liés aux grandes chaleurs, par exemple les noyades supplémentaires en raison du plus grand nombre de baignades.
L’InVS a fait état jeudi dans une autre étude sur une période plus longue d’une hausse du nombre de décès par noyade depuis début juin par rapport à une précédente enquête réalisée en 2012 (109 contre 73), en raison du « beau temps » et des chaleurs élevées. « Tout épisode de canicule s’accompagne d’une surmortalité » et avec le plan canicule « l’enjeu est de tout faire pour que celle-ci soit la plus contenue possible » a déclaré la ministre.
Les urgences ont été « fortement sollicitées » avec 3.580 consultations en lien avec la canicule entre le 29 juin et le 5 juillet, soit trois fois plus qu’en période normale, tandis que les consultations liées à la chaleur auprès du réseau « SOS Médecins » ont été dix fois plus nombreuses (1.460) qu’en période normale.
2.500 appels
« Notre pays a su faire face et contenir fortement l’impact sanitaire de ces chaleurs » malgré le caractère précoce dans l’été de cette canicule et les records de chaleur battus, a dit la ministre. Mise en place dans le cadre du plan canicule, la plate-forme téléphonique d’information a permis de traiter près de 2.500 appels, « ce qui montre bien l’utilité de ce dispositif », a-t-elle encore déclaré.
« Notre système de santé a été très fortement sollicité » mais « a fait face dans de bonne conditions », a encore commenté la ministre. De son côté, le directeur général de l’InVS, François Bourdillon, a souligné qu’en comparaison « avec l’épisode de 2003 qui était catastrophique, on s’est amélioré ».
« On pense que le plan canicule (…) est efficace et le modèle français sera probablement beaucoup suivi sur le plan européen » a ajouté ce responsable. Instauré après la canicule de 2003, le plan canicule est activé à titre préventif chaque été en prévision de la survenue de grandes chaleurs. Il comporte quatre niveaux d’alerte, du niveau 1 de simple « veille » au niveau 4 de « mobilisation maximale ».
Son but est de protéger des effets des grandes chaleurs les plus vulnérables: personnes âgées, handicapés, malades, SDF et enfants. La vague de chaleur « précoce » du début de l’été, a touché la France entre le 29 juin et le 8 juillet et mis au plus fort de l’épisode en vigilance orange 51 département le 3 juillet.
Ce premier bilan intervient alors que « de nouveau de fortes chaleurs sont prévues sur une partie de la France » mais pour l’instant « on ne sait pas encore s’il s’agira d’une véritable canicule », a précisé Mme Touraine.
