Plus de 200.000 décès liés à la chaleur ont été recensés en Europe depuis 2022, selon l’OMS. L’agence estime qu’une grande partie pouvait être évitée.
- Plus de 200 000 morts depuis 2022 en Europe
- L’OMS juge beaucoup de décès évitables
- Les autorités sont directement visées
La chaleur extrême n’est plus un simple inconfort d’été. Depuis 2022, elle a provoqué plus de 200 000 décès en Europe, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Et le point le plus frappant, c’est celui-là : pour Hans Henri Kluge, directeur Europe de l’OMS, l’essentiel de ces morts était évitable.
La chaleur n’a rien d’un risque abstrait
À Berlin, lors de la présentation de nouvelles recommandations, Hans Henri Kluge a décrit la chaleur comme « un tueur silencieux, mais pas inévitable ». Le mot compte. Silencieux, parce qu’on ne voit pas toujours la chaîne qui mène au drame. Pas inévitable, parce qu’il existe des marges d’action très concrètes.
L’OMS ajoute que ces 200 000 morts ne racontent qu’une partie du problème. L’agence parle d’une pointe de l’iceberg, avec des millions de personnes touchées sur le plan physique et mental. Bref, le bilan ne se limite pas aux décès.
Les plus fragiles paient le prix fort
Ce risque frappe d’abord les plus exposés. Les personnes très âgées, les très jeunes, mais aussi celles qui vivent avec des maladies du cœur, des reins ou d’autres pathologies.
Médicalement, le mécanisme est connu : la déshydratation, le coup de chaleur et l’aggravation de maladies déjà présentes peuvent faire basculer une situation. C’est là que le sujet devient très concret pour vous, pour vos proches, pour les aidants aussi.
Ce que l’OMS demande aux autorités
Le message de l’OMS ne vise pas seulement les comportements individuels. Rester à l’ombre ou éviter les heures les plus chaudes, oui. Mais pour Hans Henri Kluge, cela ne suffira pas face à une crise systémique, qui exige, selon lui, une réponse institutionnelle forte et coordonnée.
L’agence demande donc des systèmes d’alerte efficaces, une meilleure communication avec les publics vulnérables, et des mesures urbaines pour réduire l’exposition, notamment en créant et en entretenant davantage d’espaces verts. Elle recommande aussi que les services sociaux vérifient que les personnes âgées s’hydratent bien, et que les horaires de travail soient adaptés pour éviter le plein soleil de midi.
Une alerte renforcée par la vague de chaleur de mai
Si ce rappel sort maintenant, ce n’est pas un hasard. Fin mai, une large partie de l’Europe de l’Ouest a connu une vague de chaleur précoce, avec des records de température pour un mois de mai dans plusieurs pays.
Hans Henri Kluge a rappelé que l’Europe se réchauffe plus vite que tous les autres continents. Les scientifiques cités dans la source expliquent, eux, que le changement climatique d’origine humaine renforce les extrêmes, qu’il s’agisse des vagues de chaleur, des sécheresses ou des inondations, en les rendant plus fréquents et plus intenses.
Et un signal ressort déjà en Espagne. Les autorités y ont indiqué avoir enregistré cette année le plus grand nombre de morts liées à la chaleur pour un mois de mai depuis 2015. Pour Simon Stiell, chef climat de l’ONU, cette séquence est « un rappel brutal des effets en spirale de la crise climatique ». Ce que cela change, au fond, est simple : la canicule n’est plus un épisode exceptionnel à gérer au dernier moment, mais un risque de santé publique à préparer.