Chez les parents, un peu de temps libre pèse aussi sur le stress

Un couple en garde d'enfant suite à une séparation
Image d'illustration. Un couple en garde d'enfant suite à une séparation — ADN

Une étude menée auprès de 318 parents relie le temps pour soi à un meilleur moral et à un cortisol plus sain. Un signal utile, même sans prouver la cause.

En bref

  • Le temps pour soi est lié à moins de stress
  • L’effet apparaît aussi dans le cortisol
  • La causalité reste à démontrer

Le signal le plus parlant n’est pas forcément l’humeur. Dans cette étude publiée dans Communications Psychology, le cortisol, une hormone liée à la réponse au stress, évoluait plus favorablement les jours où les parents disaient avoir eu un peu de temps pour eux.

Le stress se lit aussi dans la salive

La chercheuse Theresa Pauly, de l’Université Simon Fraser, a analysé les données de 318 parents américains vivant avec au moins un enfant de moins de 18 ans. Ils avaient en moyenne 40 ans, et 83% étaient mariés ou vivaient en couple. Pendant huit jours, ils ont rempli un journal quotidien, chaque soir, sur leur journée et leurs émotions.

Le protocole ne s’arrêtait pas au ressenti. Les participants ont aussi fourni plusieurs échantillons de salive au fil de la journée afin de suivre leur cortisol. Normalement, ce taux est haut le matin puis baisse ensuite. Une baisse plus nette est généralement interprétée comme un signe de meilleure récupération face au stress. À l’inverse, une courbe plus plate est associée, dans d’autres travaux, au stress chronique et à l’épuisement.

Ici, le temps personnel désignait un moment libéré des tâches domestiques, du travail et de la garde des enfants. Lire, faire de l’exercice, écouter de la musique, souffler un peu ou se consacrer à un loisir entraient dans cette définition.

Les jours avec du temps pour soi ne se ressemblent pas

Quand les parents disaient avoir eu ce moment à eux, ils rapportaient davantage d’émotions positives, comme le calme, la satisfaction ou la joie, et moins d’émotions négatives, par exemple l’anxiété, la tristesse, la frustration ou la colère.

Et ce n’est pas tout. Ces mêmes journées s’accompagnaient aussi d’un profil de cortisol plus sain. L’effet restait visible même après prise en compte d’autres tensions du quotidien, comme une dispute, un problème au travail ou un épisode stressant à la maison. Bon, on parle d’une association, pas d’une preuve formelle, mais le signal est quand même net.

Autre détail concret, les journées avec temps pour soi comprenaient souvent davantage de loisirs, avec environ une heure supplémentaire consacrée à ce type d’activités.

Tous les parents n’en tirent pas le même bénéfice

Les écarts n’étaient pas identiques pour tout le monde. Les effets les plus marqués apparaissaient chez les parents ayant un niveau élevé de neuroticisme, un trait de personnalité lié à une plus forte sensibilité émotionnelle et à une plus grande vulnérabilité au stress.

Chez eux, le temps personnel s’accompagnait d’une baisse plus forte des émotions négatives et d’un cortisol mieux orienté. Les parents moins concernés par ce trait montraient des effets plus modestes. La chercheuse avance une explication simple, ces personnes pourraient avoir davantage besoin de moments pour réguler leurs émotions.

Les bénéfices émotionnels étaient aussi plus forts chez les parents très ouverts à l’expérience, possiblement parce qu’ils utilisent plus volontiers ce temps pour écrire, créer, lire ou réfléchir.

Ce que l’étude montre, et ce qu’elle ne peut pas prouver

L’étude observe la vie réelle, elle ne modifie pas l’emploi du temps des familles. Résultat, impossible de dire que le temps pour soi cause à lui seul une meilleure santé ou un meilleur moral. On sait qu’ils vont ensemble, pas plus.

Theresa Pauly évoque donc la suite logique, tester si réserver 15 à 30 minutes par jour produit des effets mesurables. Reste aussi à trancher une question très concrète pour les parents, la quantité compte-t-elle plus que la qualité du moment. Pour vous, l’idée importante est là, ce temps n’a plus grand-chose d’un luxe.