Consommer davantage de viande pourrait réduire le risque de démence, selon une étude ciblée

Image d'illustration. Viande juteuse sur le grill avec selADN
Une nouvelle étude révèle qu’une consommation accrue de viande pourrait être associée à une réduction du risque de démence, mais cet effet ne serait observé que chez un groupe spécifique de participants, selon les données analysées par les chercheurs.
Tl;dr
- Plus de viande, moins de démence chez porteurs d’APOE4.
- Viande transformée liée à un risque accru pour tous.
- Lien observé, mais aucune preuve de causalité.
Une piste inattendue sur la viande et la démence
À contre-courant de certaines convictions établies, une étude suédoise récente éclaire d’un jour nouveau le lien entre consommation de viande et risque de démence. Réalisée par des chercheurs du Karolinska Institutet et de l’Université de Stockholm, cette enquête a suivi, pendant près de quinze ans, plus de deux mille personnes âgées de plus de soixante ans. Les participants ont régulièrement renseigné leurs habitudes alimentaires, tandis que leur état cognitif était rigoureusement évalué.
APOE4, un gène au centre des débats
Le point central ? Le rôle du variant génétique APOE4, bien connu pour accroître le risque d’Alzheimer. Selon les données recueillies, les porteurs de ce gène qui consommaient davantage de viande — toutes catégories confondues — présentaient une probabilité plus faible d’être diagnostiqués avec une démence au cours du suivi. La mémoire semblait également décliner moins rapidement chez ces mêmes personnes. Toutefois, chez ceux dépourvus du variant APOE4, la quantité globale de viande ingérée n’était pas associée à une meilleure santé cérébrale.
Détail important : l’effet positif n’a été relevé qu’en présence du gène APOE4, appelé « forme ancestrale humaine » par l’équipe scientifique. Il reste cependant délicat d’extrapoler, car les habitudes carnivores supposées de nos ancêtres sont aujourd’hui remises en question par certains chercheurs.
Viande transformée : un facteur aggravant confirmé
L’étude ne fait pas abstraction des risques connus liés à la viande industrielle. Qu’ils soient porteurs ou non du fameux gène, les participants dont la consommation totale de viande incluait une forte part de produits transformés voyaient augmenter leur risque de développer une démence. À l’inverse, privilégier la volaille ou la viande rouge non transformée semblait offrir un certain avantage protecteur. Pour faciliter la compréhension :
- Moins de viande transformée = moindre risque global.
- Diversifier sources et types pourrait limiter certains dangers.
Prudence scientifique et perspectives individuelles
Malgré ces résultats intrigants, il s’agit uniquement d’une corrélation observée ; impossible donc d’affirmer que manger plus de viande prévient effectivement la démence. D’autres facteurs biologiques entrent probablement en jeu — le gène APOE, par exemple, code une protéine impliquée dans le transport des graisses vers le cerveau.
L’équipe encourage désormais le lancement d’essais cliniques pour adapter les conseils nutritionnels à chaque profil génétique. En attendant, ce travail souligne combien la relation entre alimentation et santé cognitive reste complexe et profondément individuelle. Un quart environ de la population mondiale porte le variant APOE4, offrant autant d’histoires alimentaires que de cerveaux à préserver.
