Les scientifiques découvrent un lien entre la consommation de cannabis et des modifications épigénétiques, révélant un nouvel aspect inexploré de l'impact de cette substance sur l'organisme humain.
- Le cannabis provoque des changements dans l’épigénome humain.
- Des marqueurs épigénétiques liés à la consommation de cannabis ont été identifiés.
- Des études supplémentaires sont nécessaires pour comprendre l’impact du cannabis sur la santé.
Le cannabis et l’épigénome humain : une étude révélatrice
Le cannabis, une substance largement utilisée, pourrait avoir un impact sur notre épigénome, cette sorte d’interrupteur biologique qui active ou désactive nos gènes. C’est ce que suggère une étude menée sur plus de « 1 000 adultes » par une équipe de chercheurs américains dirigée par l’épidémiologiste Lifang Hou de l’Université Northwestern.
Des marqueurs épigénétiques liés à la consommation de cannabis
Les chercheurs ont constaté des associations entre l’usage du cannabis et plusieurs marqueurs épigénétiques. Pour arriver à cette conclusion, ils ont analysé les échantillons de sang de participants ayant consommé du cannabis, soit récemment, soit pendant une longue période. Ces échantillons ont été prélevés à deux reprises, à 15 et 20 ans d’intervalle.
En étudiant ces échantillons, ils ont observé des modifications de la méthylation de l’ADN, un type de modification épigénétique couramment étudié. Ces modifications, qui peuvent être déclenchées par des facteurs environnementaux et de mode de vie, peuvent être transmises aux générations futures.
Un lien entre le tabac et le cannabis ?
Par ailleurs, les chercheurs ont identifié un marqueur qui a déjà été associé à la consommation de tabac, suggérant une « régulation épigénétique partagée entre le tabac et l’usage du cannabis », comme l’a expliqué Lifang Hou.
Un impact sur la santé à déterminer
Il est important de préciser que cette étude ne prouve pas que le cannabis est à l’origine de ces modifications épigénétiques ou qu’il cause des problèmes de santé. « Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces associations sont constamment observées dans différentes populations », a souligné l’épidémiologiste Drew Nannini de l’Université Northwestern. Cependant, ces travaux apportent un nouvel éclairage sur le lien entre l’usage de marijuana et les facteurs épigénétiques.