Le variant Bundibugyo d’Ebola a dépassé 9.500 cas au Congo et touche aussi d’autres pays africains. Symptômes, mortalité, enfants, voici l’essentiel.
En bref
- Plus de 9 500 cas au Congo
- La souche touche aussi d’autres pays
- Les jeunes enfants sont très exposés
Plus de 4 600 morts pour plus de 9 500 cas. Le dernier bilan publié par l’Institut national de santé publique au Congo donne l’échelle du problème. Et il explique pourquoi le CDC classe cette flambée de la souche Bundibugyo comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.
Le paradoxe, c’est que cette variante d’Ebola provoquait historiquement peu de cas, bien moins que la souche Zaire. Mais l’épidémie actuelle change la donne. Vous avez donc affaire à une souche longtemps restée dans l’ombre, qui circule désormais bien au-delà de son foyer initial.
Un foyer qui dépasse désormais les frontières
Ce n’est plus seulement une affaire congolaise. Des cas ont aussi été signalés au Kenya et récemment au Nigeria. L’Ouganda, lui, a connu des infections pendant quelques mois avant d’être déclaré exempt de la maladie l’été dernier.
Même l’Europe a enregistré des cas ces derniers mois, avec un aux Pays-Bas et un autre en France. Après le signalement nigérian, l’Organisation mondiale de la santé a demandé aux pays concernés de conserver un niveau élevé de préparation. Clairement, le sujet n’est plus celui d’un foyer isolé.
Une forme d’Ebola connue, mais longtemps restée discrète
La souche Bundibugyo est une variante du virus Ebola. C’est une zoonose, donc une infection transmise de l’animal à l’humain. Identifiée en 2007, elle se diffuse par contact étroit avec une personne infectée, mais aussi via le sang ou d’autres fluides corporels.
Côté symptômes, rien de très distinct des autres formes d’Ebola. La maladie peut démarrer brutalement avec de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête ou de gorge. S’y ajoutent souvent des vomissements, une diarrhée ou des éruptions cutanées. Dans les cas sévères, les reins ou le foie peuvent se dégrader, avec parfois des hémorragies internes.
Pourquoi cette souche reste si meurtrière
La forte létalité de Bundibugyo est liée, en partie, à l’absence de vaccin. L’épidémiologiste Andrés Bedoya l’expliquait par une combinaison de facteurs scientifiques, logistiques, stratégiques, mais aussi économiques. En gros, une souche responsable de foyers rares et sporadiques attire moins d’argent, donc moins de priorité.
Résultat, cette variante découverte il y a près de vingt ans reste moins bien armée sur le terrain thérapeutique que d’autres.
Les jeunes enfants paient un prix particulièrement lourd
L’alerte la plus frappante vient de Médecins sans frontières. Dans le Kivu Nord, 24% des cas confirmés concernent des enfants de moins de 5 ans, et 13% du total touche des bébés de moins d’un an. En Ituri, ces parts descendent à 13% pour les moins de 5 ans et à 6% pour les moins d’un an. Pas de quoi minimiser.
Le docteur Guyguy Manangama, cité par Médecins sans frontières, estime qu’il faut évaluer dès le départ les vaccins, traitements et autres moyens de prévention chez les enfants, puis les leur rendre accessibles sans délai. Pour les familles comme pour les systèmes de santé, c’est sans doute le point le plus concret à retenir.