Plus de 10 millions d’Espagnols seraient concernés par le foie gras hépatique, mais une large part du public en ignore les risques, les causes et même le caractère réversible.
En bref
- Le foie gras touche 25% des Espagnols
- Beaucoup ignorent ses risques cardiovasculaires
- Le stigmate peut retarder le diagnostic
Plus de 10 millions de personnes en Espagne vivent avec un foie gras hépatique, soit environ un quart de la population. Et pourtant, la maladie reste mal comprise, ce qui pèse sur le dépistage précoce, donc sur la prise en charge.
Une maladie fréquente, encore mal identifiée
Le premier baromètre consacré à ce sujet par la Fédération espagnole du foie montre un décalage frappant entre l’ampleur du problème et ce que le public en sait. Selon cette enquête menée auprès de 1 512 personnes, 55% des répondants ne savent pas ce qu’est le foie gras. Et 49% ne considèrent même pas le foie comme un organe vital.
Chez les 18-24 ans, ce déficit d’information grimpe à 67%. Ce n’est pas anodin. Quand un organe est perçu comme secondaire, on comprend moins bien pourquoi certaines maladies avancent longtemps sans attirer l’attention.
Des risques sérieux que beaucoup ne voient pas
La confusion ne porte pas seulement sur le nom de la maladie. Elle touche aussi ses conséquences. D’après le baromètre, 46% des personnes interrogées ignorent que le foie gras augmente le risque d’AVC, 41% ne connaissent pas son lien direct avec l’infarctus du myocarde, et 70% ne savent pas qu’il peut, dans certains cas, mener à une transplantation.
Bon, ce n’est pas juste un problème de culture générale. Si le risque est sous-estimé, le réflexe de consulter tôt peut disparaître.
Une maladie silencieuse, mais pas toujours irréversible
Autre angle mort, l’évolution clinique. 35% de la population ne sait pas que cette affection progresse souvent sans symptômes ni gêne jusqu’à un stade avancé. Chez les moins de 35 ans, cette part monte à 50%.
Dans le même temps, 32% pensent à tort qu’il s’agit d’une maladie irréversible. Or, lorsqu’elle est repérée à temps, elle peut être réversible. Josep María Martínez Rodríguez, vice-président de la Fédération espagnole du foie, parle d’une épidémie silencieuse du XXIe siècle et estime que cette ignorance complique fortement le diagnostic précoce en soins primaires.
Le poids du stigmate et des idées fausses
Ce que montre aussi l’enquête, c’est la place du jugement. 92% des Espagnols tendent à rendre le malade responsable de sa pathologie. Et 77% attribuent son origine uniquement à de mauvaises habitudes, comme l’alimentation ou la sédentarité, alors que seuls 24% citent le rôle déterminant des facteurs génétiques et métaboliques.
Bref, la vision est trop étroite. D’autant que 53% des répondants pensent que le foie gras ne concerne que les personnes en surpoids ou obèses. Josep María Martínez Rodríguez juge cette lecture injuste et dangereuse, car elle alimente le stigmate, éloigne certains patients des consultations et donne à des personnes de poids normal, mais avec une dysfonction métabolique, un faux sentiment de sécurité. Pour le lecteur, l’enjeu est là : mieux comprendre la maladie, c’est aussi éviter de la repérer trop tard.