La maladie du foie gras, peu connue mais risquée, toucherait un Français sur cinq

Image d'illustration. Modèle détaillé du foieModèle anatomique d'un foie illustrant ses lobes et structures vasculaires avec des couleurs éclatantes
Environ 20 % des Français seraient touchés par la maladie du foie gras, une pathologie souvent ignorée du grand public. Pourtant, cette affection silencieuse peut avoir de graves conséquences pour la santé si elle n’est pas détectée à temps.
Tl;dr
- Stéatose hépatique : maladie silencieuse, méconnue et fréquente.
- Risques : cirrhose, cancer, greffe du foie.
- Besoins : sensibilisation accrue, dépistage précoce, prévention.
Une maladie discrète mais préoccupante
Discrète au point de passer inaperçue chez la plupart des Français, la stéatose métabolique hépatique – plus connue sous l’acronyme MASLD pour Metabolic dysfunction-Associated Steatotic Liver Disease – demeure encore aujourd’hui largement méconnue. Cette affection, caractérisée par un excès de graisses dans le foie (au-delà de 5 %), touche pourtant près d’un adulte sur cinq dans l’Hexagone selon la Société nationale française de gastro-entérologie. Bien qu’elle puisse rester longtemps silencieuse, sa progression peut mener à des formes sévères : inflammation persistante (MASH), fibrose, cirrhose et même cancer hépatocellulaire, nécessitant parfois une greffe.
Méconnaissance du grand public
L’ignorance qui entoure cette maladie interroge. D’après le dernier baromètre IFOP réalisé pour l’IHU ICAN, seulement 6 % des personnes interrogées savent précisément ce que recouvrent les maladies cardiométaboliques – un ensemble où figurent le diabète de type 2, l’obésité ou encore l’hypertension artérielle. Plus édifiant encore : parmi celles qui pensent connaître ces pathologies, à peine 3 % citent spontanément la stéatose hépatique. Lorsqu’on leur soumet une liste, seuls 34 % parviennent à l’identifier. Ce manque de connaissance inquiète les spécialistes alors même que les risques encourus sont majeurs.
Un dialogue cœur-foie désormais avéré
Les médecins alertent sur les liens étroits entre la stéatose hépatique et d’autres affections du métabolisme. La maladie se développe souvent sur un terrain marqué par le surpoids, le diabète, une alimentation déséquilibrée ou la sédentarité. Elle incarne aussi le « dialogue » documenté entre le cœur et le foie : ainsi, une étude conduite auprès des patients de la clinique MASH (AP-HP/IHU ICAN) montre que 30 % d’entre eux présentent un risque cardiovasculaire élevé sans antécédents cardiaques connus.
Sensibiliser pour mieux prévenir
Face à cette situation, plusieurs attentes émergent du côté du public :
- Sensibilisation accrue aux modes de vie sains ;
- Mieux former les professionnels de santé ;
- Soutenir davantage la recherche scientifique.
La prévalence estimée à près de 18 % en France en 2020 pourrait bien doubler d’ici à 2030 si rien ne change. Pour la professeure Raluca Pais (AP-HP, IHU ICAN), il devient urgent d’informer sur les complications possibles : « La stéatose métabolique hépatique est aujourd’hui une maladie silencieuse, mais potentiellement grave… il est essentiel d’informer les Français sur ses facteurs de risque et ses complications possibles – inflammation chronique du foie, cirrhose, voire cancer – afin de favoriser un dépistage précoce et une prise en charge adaptée avant qu’elle engendre des complications irréversibles ». Un appel à ne plus sous-estimer cet enjeu majeur de santé publique.
