La maladie de Parkinson pourrait prendre racine dans un réseau cérébral plus profond qu’estimé

Image d'illustration. Saisir un objet, l'un des défis imposés par la maladie de Parkinson. ADN
De récentes recherches suggèrent que la maladie de Parkinson pourrait trouver son origine au sein de réseaux cérébraux plus profonds et complexes qu’on ne le pensait jusqu’ici, ouvrant la voie à une meilleure compréhension des mécanismes de cette pathologie neurologique.
Tl;dr
- Le SCAN, réseau cérébral clé, lié à Parkinson.
- Stimuler le SCAN soulage mieux les symptômes.
- Des études plus larges sont encore nécessaires.
Un réseau cérébral central révélé dans la maladie de Parkinson
La compréhension de la maladie de Parkinson vient de franchir une étape majeure grâce à l’identification d’un nouveau circuit neuronal baptisé SCAN, ou « somato-cognitive action network ». Initialement décrit par l’équipe du neurologue Nico Dosenbach en 2023, ce réseau était jusque-là pressenti pour jouer un rôle clé dans les troubles du mouvement. Désormais, des analyses sur plus de 850 scanners cérébraux confirment son implication directe dans la pathologie.
SCAN : un acteur clé dépassant le seul contrôle moteur
Jusqu’à présent, la communauté scientifique attribuait principalement l’origine des symptômes moteurs – lenteur, tremblements, raideurs, troubles de l’équilibre – aux pertes neuronales de la région des ganglions de la base. Cette zone peut perdre jusqu’à 80 % de ses neurones producteurs de dopamine au moment du diagnostic, ce qui expliquait les déficits moteurs observés chez les patients atteints de Parkinson. Pourtant, comme le précise le neuroscientifique Hesheng Liu (Changping Laboratory, Pékin) : « Pendant des décennies, Parkinson a été essentiellement associée à des déficits moteurs et aux ganglions de la base. »
Les découvertes récentes remettent cette vision en perspective. Il apparaît que le SCAN relie six régions sous-corticales impliquées dans la maladie et que son hyperconnexion avec d’autres parties du cerveau perturbe non seulement le mouvement, mais également certaines fonctions cognitives et corporelles. « Notre travail montre que la maladie s’enracine dans un dysfonctionnement bien plus large : le SCAN est hyperconnecté à des régions clés associées à Parkinson, altérant ainsi diverses fonctions », poursuit Liu.
Vers une nouvelle génération de traitements personnalisés ?
Pour aller plus loin, une équipe internationale a testé une stimulation cérébrale ciblant spécifiquement le SCAN auprès d’un petit groupe de 36 patients. Les résultats sont frappants : près d’un patient sur deux ayant bénéficié d’une stimulation personnalisée du SCAN a ressenti un soulagement notable des symptômes contre seulement 18 % chez ceux traités dans des zones adjacentes. Autrement dit :
- Soulagement 2,5 fois plus fréquent avec la cible SCAN.
Ces données suggèrent que modifier l’activité du SCAN pourrait ralentir ou même inverser la progression du trouble neurodégénératif plutôt que se limiter au traitement symptomatique. Toutefois, les chercheurs appellent à la prudence et insistent sur la nécessité d’études plus larges et multicentriques pour valider ces avancées prometteuses.
Pistes à explorer et perspectives cliniques
« Cela démontre que Parkinson est un trouble du SCAN et qu’en visant ce réseau avec précision et personnalisation, il serait possible d’obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques qu’auparavant », conclut Dosenbach. Si ces pistes se confirment à grande échelle, elles pourraient rebattre les cartes dans la prise en charge future des maladies neurodégénératives.
