Grippe : pourquoi le risque d’infarctus et d’AVC demeure élevé après la guérison

Gros plan d une seringue de vaccin contre la grippe prête pour administration
Image d'illustration. Gros plan d une seringue de vaccin contre la grippe prête pour administration — ADN

Après avoir contracté la grippe, le risque de subir un infarctus ou un accident vasculaire cérébral augmente, même après la guérison. Des études récentes mettent en lumière ce lien préoccupant entre infection grippale et complications cardiovasculaires.

  • Grippe : risque cardiaque et AVC fortement accru après infection.
  • Les personnes âgées et malades du cœur sont les plus vulnérables.
  • Vaccination annuelle réduit nettement ces complications graves.

Une grippe, des conséquences parfois dramatiques

Chaque année, la plupart d’entre nous contractent la grippe. Si, pour beaucoup, l’affaire se résume à quelques jours d’alitement, il serait dangereux de sous-estimer l’impact réel de ce virus sur notre santé. En effet, loin d’être un simple rhume, la grippe déclenche une réaction inflammatoire intense dans tout l’organisme. Cette inflammation fragilise les artères en rendant les plaques de cholestérol plus instables ; elles risquent alors de se fissurer brutalement et de bloquer la circulation sanguine vers le cœur. Résultat : le danger d’un infarctus s’accroît sensiblement.

Risque cardiovasculaire multiplié après l’infection

Des chercheurs ont compilé les résultats de 155 études de haute qualité menées sur près de trente ans pour mieux cerner le phénomène. Ce qu’ils ont mis au jour est frappant : au cours du mois suivant une grippe confirmée en laboratoire, le risque de faire un infarctus est multiplié par quatre et celui d’un AVC ischémique par cinq. La période critique se situe surtout dans la première semaine après la maladie, avant que la probabilité ne redescende progressivement à son niveau habituel.

Pourquoi le cerveau aussi est menacé

Il apparaît que les mêmes mécanismes nocifs touchent également le cerveau. En cas de grippe sévère, le sang devient plus « collant », augmentant ainsi les risques de caillots susceptibles de migrer jusqu’au cerveau. Les fluctuations brutales de tension artérielle et la déshydratation liées à l’alitement compliquent encore les choses chez ceux souffrant déjà de troubles vasculaires ou d’arythmie cardiaque.

Voici les groupes qui courent le plus grand danger :

L’atout vaccination face aux complications

Face à ces données préoccupantes, une bonne nouvelle mérite toutefois d’être soulignée : selon plusieurs travaux récents, la vaccination annuelle contre la grippe permettrait de réduire d’environ 33 % le risque majeur d’accident cardiaque ou cérébral. Quant aux personnes déjà fragilisées par une maladie cardiaque ou un accident vasculaire antérieur, elles doivent consulter rapidement leur médecin dès l’apparition des symptômes grippaux afin qu’un traitement antiviral soit mis en place sans délai. Rester attentif aux signes évocateurs – tels que douleurs thoraciques soudaines, faiblesse inexpliquée ou trouble du langage – reste indispensable durant le mois suivant une infection grippale.

La grippe demeure donc loin d’être bénigne pour tous : vigilance et prévention restent les meilleures armes pour limiter ses conséquences souvent méconnues.