Très fréquente chez l’adulte, la parodontite ne touche pas seulement les gencives. Des études la relient aussi à plusieurs maladies générales.
En bref
- La parodontite touche 35% des adultes en Espagne
- Elle est liée à plusieurs maladies générales
- Un repérage précoce limite sa progression
En Espagne, la parodontite concerne 35% des adultes. Après 55 ans, ce chiffre peut grimper à 65%. Ce n’est pas anodin, d’autant que la maladie avance souvent sans vraie douleur au début.
Une maladie fréquente, inflammatoire et souvent discrète
La parodontite désigne un groupe de maladies inflammatoires d’origine multifactorielle. Elles détruisent progressivement les tissus qui soutiennent la dent, la gencive, le ligament parodontal et l’os maxillaire.
Souvent, tout commence par une gingivite. Si l’inflammation persiste, elle peut évoluer vers une parodontite, avec perte de tissus, puis, dans les formes avancées, mobilité dentaire et parfois perte des dents. Le docteur José Ignacio Herrera Ureña, spécialiste en stomatologie et en parodontie à Core Centro Dental, souligne aussi que le diagnostic clinique est plutôt simple pour les dentistes généralistes, mais que l’évolution silencieuse complique le repérage précoce.
Des bactéries, mais pas seulement
Le mécanisme est plus complexe qu’une simple infection. Selon le docteur Herrera Ureña, la maladie résulte d’une dysbiose du biofilm oral, autrement dit un déséquilibre de l’amas de bactéries présent dans la bouche, associé à la réponse immunitaire et inflammatoire du patient.
La docteure Beatriz de Tapia, de la Société espagnole de parodontie (SEPA), rappelle que les bactéries peuvent passer dans le sang et que la relation avec d’autres maladies est bidirectionnelle. Parmi les facteurs de risque cités, on retrouve le tabac, l’alcool, le diabète, l’obésité, le stress, le syndrome métabolique et des facteurs génétiques.
Les signes qui doivent alerter et les traitements
Saignement des gencives, mauvaise haleine, sensibilité dentaire, récession gingivale, dents qui bougent ou se déplacent, aliments qui se coincent plus facilement. Voilà les signaux oraux les plus parlants.
Le traitement vise d’abord à retirer la plaque bactérienne et le tartre. Il repose aussi sur de meilleures mesures d’hygiène buccale. Dans les cas sévères, des techniques chirurgicales peuvent être nécessaires, avec ensuite un programme de maintenance et des visites régulières au cabinet dentaire.
Pourquoi la santé générale entre en jeu
C’est le point le plus important. De nombreuses études rapportent une association entre parodontite et maladies systémiques. On parle ici de lien observé, pas d’une causalité totalement tranchée.
Les complications de grossesse, surtout prématurité et faible poids de naissance, font partie des associations évoquées. Côté cardiovasculaire, des travaux citent l’endocardite, l’infarctus, l’ictus et les débuts de l’athérosclérose. Le lien avec le diabète est, lui, largement documenté dans les deux sens. Des études récentes suggèrent aussi un rôle possible dans des maladies neurologiques dégénératives comme Alzheimer. S’ajoutent l’arthrite rhumatoïde, le lupus, certains cancers gastro-intestinaux, des pneumonies et des maladies rénales inflammatoires chroniques. Pour Herrera Ureña, les mécanismes restent incertains, mais l’inflammation prolongée et l’élévation de marqueurs pro-inflammatoires pourraient peser sur la santé globale.
Ce que cela change en pratique
Le message est assez simple. Mieux diagnostiquer et traiter la parodontite tôt permet de limiter les dégâts dans la bouche, d’améliorer la qualité de vie et, potentiellement, de réduire ses effets sur le reste de l’organisme.
La prévention garde donc un vrai poids: contrôle de la plaque, révisions régulières, apprentissage des bons gestes d’hygiène et changements de comportement. Pas de miracle, mais clairement un levier concret.