Le cancer colorectal devient la première cause de mortalité par cancer chez les moins de 50 ans

Image d'illustration. Ruban bleu, symbole de la lutte contre les cancers du colon et de la prostate.ADN
Le cancer colorectal vient de devenir la première cause de décès par cancer chez les moins de 50 ans. Cette évolution préoccupante met en lumière la nécessité de mieux comprendre les facteurs de risque et les moyens de prévention.
Tl;dr
- Le cancer colorectal tue le plus les moins de 50 ans.
- Les causes de la hausse restent floues, facteurs multiples soupçonnés.
- Dépistage précoce et vigilance sur les symptômes : essentiels.
Le cancer colorectal s’impose chez les jeunes adultes
Au fil des années, une tendance inquiétante se confirme : le cancer colorectal est devenu la principale cause de décès par cancer chez les moins de 50 ans, selon un récent rapport publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Un constat d’autant plus frappant que, depuis 1990, la mortalité liée au cancer chez cette tranche d’âge avait plutôt tendance à reculer. Mais là où les cancers du poumon, du sein ou encore la leucémie ont vu leurs courbes décroître, celui du côlon et du rectum fait figure d’exception.
Une hausse inexpliquée malgré des modes de vie variés
Les chercheurs peinent encore à expliquer cette évolution. Comme l’explique la Dre Lilian Chen, chef de chirurgie colorectale au Tufts Medical Center, « Cela doit servir d’alerte : alors que toutes les autres formes majeures régressent, quelque chose change fondamentalement pour ce cancer chez les jeunes adultes ». Plusieurs facteurs sont sur la sellette : alimentation transformée, sédentarité croissante, hausse de l’obésité ou perturbations du microbiote intestinal… Rien n’est clairement établi. D’autant que, selon la Dre Melissa Lumish, même des patients sportifs ou ayant une hygiène de vie irréprochable sont touchés : « C’est vraiment effrayant ; on ne sait pas pourquoi certains profils a priori sans risque développent ce cancer. »
Dépistage et symptômes : adopter les bons réflexes
Devant cette progression, l’enjeu est désormais d’inciter au dépistage précoce. Les recommandations actuelles fixent le début du dépistage à 45 ans, voire plus tôt en cas d’antécédents familiaux. En pratique : si un parent proche a été diagnostiqué avant ses 50 ans, il faudrait débuter dix ans avant son âge au diagnostic. Surtout que la moitié des nouveaux cas apparaissent avant 45 ans.
Certaines alertes doivent être connues de tous, car trois patients sur quatre sont diagnostiqués à un stade déjà avancé. Voici quatre signes qui doivent conduire à consulter rapidement :
- Douleurs abdominales persistantes
- Saignements rectaux
- Diarrhée inhabituelle
- Anémie ferriprive (manque de fer)
Un appel à la vigilance collective
Face à cette flambée silencieuse du cancer colorectal précoce, spécialistes et soignants se veulent clairs : « L’essentiel reste de ne pas minimiser ses symptômes et d’en parler sans tarder à son médecin. Détecter tôt permet souvent de changer l’histoire de la maladie », souligne la Dre Chen. Un message qui s’impose alors que ce mal touche désormais une génération qu’on croyait relativement épargnée.
