Une étude révèle un lien entre certains conservateurs alimentaires et un risque accru de cancer

Image d'illustration. Famille repas pergola jardin soleilADN
Une étude récente révèle une association entre la consommation de certains additifs alimentaires utilisés comme conservateurs et une augmentation du risque de cancer, soulignant des préoccupations croissantes sur l’impact de ces substances sur la santé.
Tl;dr
- Certains conservateurs associés à un risque accru de cancer.
- Lien observé, pas de preuve d’un lien direct.
- Limiter les aliments ultra-transformés reste conseillé.
Des conservateurs alimentaires dans le viseur
Dans nos assiettes quotidiennes, les conservateurs alimentaires se font discrets, mais omniprésents. De la charcuterie aux plats préparés, en passant par les produits laitiers ou les sauces, ces substances prolongent la durée de vie des aliments. Mais une récente étude publiée dans the BMJ jette une lumière nouvelle sur leur innocuité. D’après les travaux menés dans le cadre du projet NutriNet-Santé, certaines familles de conservateurs pourraient augmenter le risque de développer un cancer.
Des données issues d’une vaste cohorte française
Le projet NutriNet-Santé, lancé en 2009, s’est appuyé sur plus de 100 000 volontaires ayant renseigné scrupuleusement leurs habitudes alimentaires pendant plusieurs années. L’étude a ainsi pu examiner la consommation de 17 conservateurs courants. Résultat ? Pour six d’entre eux — sulfites, sorbate de potassium, nitrate de potassium, acétates, acide acétique et érythorbate de sodium — une consommation élevée s’accompagnait d’un risque global de cancer supérieur de 12 à 15%. Plus marquant encore : le nitrite de sodium, présent notamment dans les viandes transformées, a été lié à un risque accru de 32% pour le cancer de la prostate ; le sorbate de potassium à une hausse de 26% du risque de cancer du sein.
L’association n’est pas causalité : prudence et nuances scientifiques
Face à ces chiffres, la prudence reste toutefois de mise. Les auteurs insistent : l’étude montre une association statistique, sans démontrer que ces additifs causent directement le cancer. Comme l’explique Mathilde Touvier, chercheuse à l’Inserm, d’autres facteurs entrent en jeu — tabac, antécédents familiaux ou habitudes alimentaires générales ont été pris en compte pour limiter les biais. Plusieurs experts soulignent également que certains aliments contenant des conservateurs (comme l’alcool) présentent déjà des risques avérés indépendamment des additifs.
Manger moins transformé : un conseil récurrent
Faut-il bannir tous les produits industriels ? Pas si simple… Même si cultiver soi-même et cuisiner au quotidien serait idéal selon certains spécialistes comme Edward Giovannucci, cela reste peu réaliste pour beaucoup. Néanmoins, limiter les aliments ultra-transformés constitue toujours un levier essentiel pour préserver sa santé. Les experts rappellent quelques recommandations pratiques :
- Privilégier les produits frais ou peu transformés
- Cuisiner autant que possible maison
- Lire attentivement les étiquettes pour repérer les additifs superflus
Selon l’épidémiologiste Timothy Rebbeck, ce sont là des gestes simples, mais efficaces pour réduire non seulement son exposition aux additifs, mais aussi les risques liés aux maladies chroniques en général.
Bien que l’alerte soit sérieuse, il convient surtout d’adopter un regard critique et mesuré face à notre alimentation moderne et industrielle.
