Les scientifiques alertent : un excès de vitamine D peut avoir des effets néfastes

Image d'illustration. Les bienfaits du soleil. ADN
Des chercheurs alertent sur les risques liés à une consommation excessive de vitamine D. Trop en prendre peut entraîner des effets indésirables pour la santé, soulignent-ils, rappelant l'importance de respecter les doses recommandées par les autorités sanitaires.
Tl;dr
- Excès de vitamine D : risques rares, mais graves.
- Surdosage fréquent chez enfants, personnes âgées, mal surveillés.
- Il vaut mieux privilégier aliments enrichis et avis médical.
La popularité grandissante de la « vitamine du soleil » sous surveillance
L’engouement autour de la vitamine D, surnommée la « vitamine du soleil », n’a cessé de croître ces dernières années. Principalement synthétisée par l’organisme lors de l’exposition à la lumière naturelle — une source qui couvre environ 90 % des besoins — elle est également présente dans certains aliments, comme le poisson gras ou les produits laitiers enrichis. Les bienfaits attribués à cette substance sont nombreux : elle favorise l’absorption du calcium, joue un rôle clé dans l’immunité, la croissance cellulaire et le fonctionnement neuromusculaire. Un déficit prolongé expose d’ailleurs à divers troubles : maladies auto-immunes, fragilité osseuse, affections cardiovasculaires.
Quand trop de vitamine D devient dangereux
Mais ce tableau est loin d’être idyllique. Plusieurs études récentes ont mis en garde contre un revers méconnu : une consommation excessive peut entraîner des effets toxiques. Cette surconsommation touche notamment les enfants et les personnes âgées, particulièrement sensibles aux erreurs de dosage. La question inquiète d’autant plus que les cas liés à des compléments mal dosés se multiplient, que ce soit suite à une prescription erronée ou à une automédication mal informée.
D’ailleurs, voici les complications fréquemment recensées en cas de surdosage :
- Hypercalcémie : accumulation anormale de calcium pouvant provoquer dépôts dans les tissus mous ou artères.
- Lésions rénales jusqu’à l’insuffisance nécessitant parfois une hémodialyse.
- Symptômes variés : nausées, douleurs musculaires, troubles digestifs ou fatigue persistante.
Des incidents évitables grâce à la vigilance
Un rapport américain de 2018 soulignait une « considérable complaisance » vis-à-vis des dangers potentiels associés aux hautes doses de vitamine D. L’incertitude scientifique demeure sur le seuil exact à ne pas dépasser : certaines publications évoquent un plafond quotidien sûr autour de 100 microgrammes (soit 4 000 UI), au-delà duquel le risque augmente nettement.
Les cas d’intoxication sont certes rares — plus de 25 000 signalements entre 2000 et 2014 aux États-Unis, dont beaucoup chez les enfants et adolescents — mais ils sont en hausse. Parfois dramatiques : au Danemark en 2016, près d’une vingtaine d’enfants ont été intoxiqués par un complément contenant 75 fois la dose recommandée.
Miser sur l’alimentation et le suivi médical
Faut-il alors s’inquiéter dès qu’un flacon de vitamines atterrit dans sa cuisine ? Pas nécessairement. Les professionnels, à l’image des experts de la Harvard Medical School, insistent sur la prudence : « Sauf avis médical contraire, inutile de dépasser 600 à 800 UI (15-20 mcg) par jour. » En présence d’une carence avérée, il vaut mieux miser sur les aliments enrichis pour limiter tout risque d’excès.
Chaque situation doit s’apprécier au cas par cas — surtout lorsqu’il s’agit d’un enfant ou d’une personne âgée. Avant toute prise ou arrêt de supplémentation en vitamine D, un échange avec son médecin demeure la meilleure protection contre ces effets indésirables trop souvent sous-estimés.
